Après la mort du militant d’extrême gauche de Sciences Po, la question se pose des formes prises aujourd’hui en France par la violence politique. Et de la responsabilité de dirigeants, de gauche comme de droite, plus soucieux de communication et d'images. Au point de laisser libre le champ de l’action politique dont s'emparent les extrémistes de tous bords.
Dans ces conditions de vacuité représentative, de déliquescence politique déjà soulignée dans un précédent éditorial, d’une parole qui se dédit, de promesses abandonnées sitôt formulées, comment la violence politique dans l’Hexagone ne ferait-elle pas effraction ailleurs et autrement? Un exemple: la reculade du chef de l’État sous la pression des parlementaires vidant de son contenu la loi sur la transparence du patrimoine des élus ne va-t-elle pas alimenter cette acrimonie envers un système en plaçant à sa marge, voire à l’extérieur de ce dernier par radicalisation, nombre d’acteurs de la société civile?
L'impunité des dirigeants politiques conduit au rejet d'une démocratie qui les protège
Autre illustration: le Président directeur général d’Orange, ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde, se voit-il recommander par Arnaud Montebourg la démission en cas de mise en examen dans l’affaire Tapie? Il en appelle à la protection de l’Élysée! Faudra-t-il ensuite s’étonner du fait que ces formes revendiquées d’impunité, inadmissibles par leur outrance, induisent un rejet absolu de l’idée démocratique puisque cette dernière en couvre les agissements?Lorsque Nathalie Kosciusko-Morizet, lors de la primaire chaotique visant à désigner le candidat de l’UMP pour Paris, accepte de laisser dire en son nom qu’elle ne viendra pas à la réunion de crise parce que "Blanche Neige ne discute pas avec les nains", cette arrogance ne rejoint-elle pas les tristes dérapages verbaux – sinon les insultes – lors des manifestations contre le mariage pour tous dont nous avions aussi souligné les questionnements qu’il adressait à la société française? Cliquez ici pour le lire
Les hommes politiques communiquent. Les extrémistes de tous bords ont donc le champ libre pour s'adonner à la politique.