Elle l'a été le mardi 25 juin dernier, jour où l'on fête sainte Éléonore, au restaurant le Castellaras de Fayence, dans l'arrière-pays varois. Et de la manière la plus officielle qui soit, devant un des plus beaux panoramas que l'on puisse imaginer.
De quelle route peut-il bien s'agir, que l'on ouvre ainsi dans un restaurant, va-t-on se demander? Effectivement, il ne s'agit pas d'une route comme les autres, celle-ci invite à sillonner la Provence pour en découvrir les beautés et particulièrement tous les agréments qu'elle recèle. Elle traverse plusieurs départements depuis Salon de Provence et Aix-en-Provence dans les Bouches-du-Rhône, jusqu'à l'extrémité est des Alpes-Maritimes, en passant par Brignoles et Draguignan dans le Var. Et il faudrait mentionner de nombreuses autres villes et des quantités de délicieux petits villages perchés sur des collines. Où le temps semble s'être arrêté et où l'on imagine que le quotidien est resté plutôt traditionnel et que l'on y pratique un art de vivre délicat. C'est cela que les Éléonores de Provence souhaitent faire connaître et pour ce faire, elles se sont regroupées pour le défendre. Valérie Rousselle, propriétaire du domaine viticole Château Roubine est à l'origine de cette association et la préside. Chaque année, il y a une seule réunion thématique qui rassemble tous membres, une trentaine actuellement. Les Éléonores agissent en représentantes des arts de la table, de la gastronomie, et des vins ainsi qu'en ambassadrices de cet art de vivre provençal si séduisant depuis si longtemps. C'est certainement ce qu'a fait avant elles Éléonore de Provence, une fois qu'elle fut devenue reine d'Angleterre, et c'est pourquoi elle a été prise pour patronne. Cette fille du comte de Provence Bérenger IV et de Béatrice de Savoie était née à Aix-en-Provence en 1223. Belle-sœur de saint Louis, sa soeur Marguerite de Provence était en effet la femme du roi de France, elle avait épousé le roi d'Angleterre, Henri III, à Canterbury le 14 janvier 1236. Après la mort de son royal époux en 1272, elle se fit bénédictine en 1276 et vécut à l'abbaye d'Amesbury jusqu'à sa mort le 25 juin 1291. Si l'on veut se plonger dans l'atmosphère de cette époque et en savoir davantage sur les quatre filles de Bérenger IV, on pourra lire le roman de Patrick de Carolis "Les demoiselles de Provence" paru en 2005.
Précisons que tout au long de cette route des Éléonores, des panneaux indiquent l'accès aux différents sites. Par ailleurs, 50.000 éventails sont disponibles sur les sites eux-mêmes et dans les Offices de tourisme de la région PACA. Cet éventail est une invitation, sur fond de vignoble et de bastide provençale, on y lit "Découvrez la Provence avec les Éléonores". Sur l'autre face, une carte récapitule tous ces sites. En outre y figurent le QR-code et l'adresse du blog.
Des femmes très occupées
Une bonne douzaine d'Éléonores étaient donc réunies en ce 25 juin à partir de 11 h 30, au Castellaras pour cette sympathique cérémonie de lancement de leur route. On remarquera sur la photo qu'elles avaient ceint leur tablier rose et l'arboraient fièrement. Une fois terminée l'inauguration, les assistants, car il y avait aussi quelques hommes, ont investi la terrasse ombragée du restaurant qui donne, nous le répétons, sur un paysage provençal exceptionnel. Plusieurs Éléonores avaient apporté quelques crus de leur production, blanc, rouge et rosé, et les ont proposés à la dégustation en accompagnement de l'excellent déjeuner buffet préparé par Alain Carro, le père d'Hermance. On a pu les apprécier avec entre autres, les multiples entrées aussi bien que la délicieuse daube, les viandes grillées, les poissons et évidemment les somptueux desserts.
En cette période de vacances, mais aussi pourquoi pas toute l'année, nous ne pouvons que recommander d'emprunter cette route des Éléonores, elle serpente dans des lieux magnifiques et les étapes où l'on rencontre des personnes agréables et très compétentes, réserveront toujours de bien agréables surprises.