"Les Petits princes" est à l’affiche depuis près de deux semaines, dans les salles de cinéma françaises. Réalisé par Vianney Lebasque, le film raconte le parcours d’un adolescent de 16 ans, recruté dans un centre de formation de football. Enquête sur ces centres qui cristallisent rêves et fantasmes.
Chaque année, ces centres de formation font l’objet de classements dont le plus connu est rendu public par la Fédération Française de Football. Mais si certains centres sont plus réputés que d’autres, tous font l’objet d’une rude compétition pour y entrer. Les prétendants doivent d’abord être "repérés". Pour cela, les clubs ont des recruteurs qui sillonnent les terrains football à la recherche de jeunes talents. Leur terrain de chasse favori: l’Ile de France, véritable vivier d’apprentis footballeurs au potentiel prometteur.
La majorité des centres recrute à partir de la formation, c’est-à-dire à 15 ans. Selon leurs infrastructures, ils accueillent entre 40 et 50 jeunes en formation. A partir de là, les heureux élus viennent généralement vivre au centre et ils devront en permanence dribbler entre le football et les études.
Beaucoup de sacrifices, peu d’élus mais des souvenirs inoubliables
Les centres de formation sont de véritables lieux de vie. Chambres, cantine, salles de jeu ou d’étude, espace télé: les jeunes s’y installent pour plusieurs années et doivent s’y sentir comme chez eux.Les professionnels de la santé sont également présents dans ces centres: kinésithérapeutes, diététiciens mais aussi psychologues. Car un accompagnement peut être nécessaire pour certains de ces jeunes footballeurs. La plupart quitte le foyer familial à 15 ans et certains deviennent internes dès 13 ans. Le week-end, tous ne rentrent pas chez eux. Chacun de ces pensionnaires sait également que peu d'entre eux pourront réaliser leur rêve: devenir footballeur professionnel.
Les vrais Petits Princes
Quand ces jeunes footballeurs entrent en centre de formation, pas question pour eux en effet d’abandonner leurs études. "On sait bien que peu d’entre nous vont réussir une carrière professionnelle dans le football. Les entraîneurs et les parents nous le répètent souvent" confie Guillaume, un jeune parisien de 15 ans, qui vient d’intégrer un centre de formation. Du coup, la réussite scolaire devient une bouée de secours qui peut s’avérer très utile.Mais pour ceux qui n’auront pas la chance d’intégrer une équipe professionnelle, toutes ces années en centre de formation ne sont pas perdues. "Pendant les années au centre, on se fait des souvenirs super, inoubliables et on se crée des relations qui resteront toute notre vie. C'est une chance de pouvoir vivre sa passion à fond, avec d'autres jeunes qui partagent cette passion" s'enthousiasme Guillaume. Ces jeunes sportifs apprennent également à devenir autonome et à vivre ensemble, à un âge où on se construit. Ces écoles du football ressemblent alors fort à des écoles de la vie.