A force de toujours vouloir être le premier on finit par être le dernier. Encore une fois, des médias à travers les réseaux sociaux ont prouvé qu'il est grand temps de se calmer avec la course à l'information immédiate, méthode qui a d'ailleurs perdu son rôle informatif depuis longtemps maintenant.
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Tout comme celui qui lit et entend partout qu'un nombre impressionnant de Français soutiendrait le bijoutier-tueur. Et puis qu'en fait, ils ne seraient pas si nombreux les soutiens du Niçois et que le nombre de "j'aime" sur la page Facebook créé pour le soutenir ne serait pas aussi important que cela. Et puis si en fait, ils sont importants, la machine avait juste un peu de retard pour les comptabiliser. Et puis d'autres pages de soutien qui ne le sont pas vraiment ont été créées (soutien au lapin... on appréciera le bon goût). Qui ne le sont pas vraiment car les initiateurs du projet ne soutiennent pas forcément celui qui se dit "la première victime du braquage". L'étudiant qui est à l'origine de la première page de soutien a déclaré n’être affilié à aucun parti politique et très surpris par le succès de sa page. Comprenez: pas de manipulations politiques d'un parti quelconque, au hasard, le Front national. On veut bien le croire, mais il semblerait que le fait de vouloir garder son anonymat donne l'occasion au parti cité plus haut ou à "certaines mouvances d'extrême droite" - on appréciera l'expression récurrente des médias de faire croire à son électorat populaire (celui qui est sensé être pour la loi du Talion) qu'il est à l'origine de cette fameuse page Facebook.
En résumé, un gros succès de soutien à travers les "j'aime" de Facebook qui seraient bien réels mais en même temps, ne pas leur donner plus d'importance qu'ils n'en auraient. Cette mobilisation impressionnante - plus de 1,6 million - ne serait en fait qu'une manifestation "désincarnée et distante" selon le chercheur Olivier Ertzscheid. Les scientifiques en veulent entre autres pour preuve le nombre très restreint, un millier, de manifestants dans les rues de Nice, pour soutenir le commerçant agressé. Deux spécialistes de la question André Gunthert et le déjà cité Olivier Ertzscheid explique que "le like a sa propre logique: une logique d’empathie distante ou de fausse proximité (qui) abolit toute réflexivité, toute distance". Ces sentiments de soutien ou de colère seraient virtuels et par conséquent moins dangereux que les lynchages et réactions primaires d'avant l'ère numérique. On est en droit alors de regretter que le hold-up et le coup de carabine du bijoutier sur le braqueur de 18 ans n'est pas été virtuels.
Les temps changent, et il faut suivre.
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