Vous ne m'aurez pas par l'usure

Publié le 29 octobre 2013 par Paulo Lobo
Non, vous ne m'aurez pas par l'usure...J'attends le train sur le quai. Je pense à tout ce qui remplit ma vie. Les êtres proches et moins proches. Les amis et les désamis. Ceux qui me veulent du bien et ceux qui s'en moquent. J'essaye de me soustraire à moi-même...J'ai les yeux fatigués, un peu mal au dos, l'esprit recroquevillé, dehors il souffle un vent froid, les arbres, les routes, les flaques d'eau, tout est couleur d'automne.
Je vois le travail des hommes. Je vois l'ingéniosité des ouvrages. Je vois les utilités publiques de plein de dispositifs. Mais qui va m'apprendre à respirer? 
Il y a quelque part forcément un autre moi-même, à l'autre bout du miroir, c'est moi dans un autre monde, moi en mode inversé, moi sous un autre éclairage, moi en mieux, moi retouché, rajeuni, avachi?M'endormir. Calmer mon intranquillité, réussir à fermer les yeux. En finir avec toutes les divagations de l'âme. Plonger dans le bleu infini de l'océan et me laisser faire. Ne plus avoir à me traîner de bar en bar chaque nuit, ne plus devoir fléchir sous le poids de ma carcasse... Ah ils sont beaux mes désirs!Autour de moi, je ne vois que mensonges et mises en scène. Les talons hauts, les habits et les coiffures, les montres, les horloges et les arrivées à l'heure, les profits, les pertes et les bilans de l'année, les énergies, les consommations et les appareils de mesure, les artistes, les économistes et les uniformisés en tout genre, les habillages sont multiples et trompeurs, mais la réalité qu'ils recouvrent est-elle meilleure?