Doucement un monde s'écroule

Publié le 05 novembre 2013 par Paulo Lobo
Doucement un monde s'écroule...Les êtres, déboussolés, humiliés, étiolés, sont poussés dans leurs retranchements. On découvre alors ce que chacun cache au fond de son coeur, le fiel et la haine chez les uns, la générosité et l'intégrité chez les autres. Le système avec ses tensions et ses forces antagonistes ne peut plus tenir debout, on a trop tiré sur l'élastique, c'est la phase finale de la déstructuration des éléments.Des nouvelles voies s'ouvrent devant nous, pouvons-nous les emprunter? L'humanité sait-elle de quoi son lendemain sera fait? Elle n'a pas le choix, le passé est passé à la trappe et le présent part en fumée. Il ne s'agit plus de sauver les meubles, il s'agit de continuer à vivre. En mieux. Sans le sentiment d'oppression, sans le noeud qui se forme à la gorge.Vivre, respirer, embrasser, s'approcher des arbres en toute confiance, percevoir leur couleur, leur texture, leur humeur.Nous voulons tous plus de nature et moins de bitume. Pourquoi désirons-nous si fortement la forêt, le sable, la rivière? Pourquoi essaie-t-on de nous faire croire que nous pouvons nous en passer, que nous pouvons nous contenter des substituts synthétiques? Que les bois riches et denses ne nous sont pas destinés?Dans ma vie, j'ai connu beaucoup de personnes. Il y en a qui m'ont marqué, de façon indélébile, et dire que beaucoup d'entre elles ne le sauront jamais. Le temps les a emportées, et moi j'ai pris dans ma tête ce qu'un jour, parfois l'espace d'un instant, elles m'ont donné. J'ai toujours en moi le souvenir de leur ferveur, de leur bonté, de la lueur dans leurs yeux, de leur beauté, de leur poésie. Des trophées, des cadeaux, qu'est-ce que tout cela qui remplit mon âme, je ne sais pas, lentement je sens que mon tour arrive, la rosée du matin se dissipe, je laisse la place à d'autres qui tisseront leur propre veste. Et un nouveau monde viendra remplacer celui qui s'écroule....