Magazine Humeur

Comité d’Etablissement

Publié le 10 décembre 2013 par Numero712 @No_712

Je suis confronté aujourd’hui à  une expérience dans le cadre de ma vie professionnelle à  laquelle je n’avais pas été préparée pendant mes études : celle de représentant du personnel. J’aurai pu penser, le cas échéant, participer à  des réunions de représentants du personnel, mais du côté "patronal" ; c’est en effet plutôt à cela que l’on forme les futurs cadres d’entreprises dans les formations dites de "Ressources Humaines".

Mais voilà, la vie est ainsi faite…

Il se trouve que l’établissement où je suis salarié est un siège social d’un groupe et que, la composition "sociologique" du personnel est très majoritairement cadre et dans des fonctions que l’on dit "en lien avec la direction générale". Il n’en est pas moins qu’il y a malgré tout des salariés sur ce siège social. Et ces salariés ont les mêmes droits à être représentés que tout autre salarié. Et ces salariés ont les mêmes droits à bénéficier des "œuvres sociales" du Comité d’Etablissement que tout autre salarié.

Mais dans les faits, ce n’est pas ainsi que cela se passe : un cadre qui travaille pour la DRH, pour la Direction Juridique, pour la Direction de la Stratégie, qui travaille comme attaché de direction auprès de directeurs du Comité Exécutif se sent "illégitime" à se présenter aux élections des représentants du personnel. Je pense que c’est là une fausse excuse, ou en tout cas une raison qui vient d’une vision "conflictuelle" telle qu’elle est véhiculée par les média et qui réduit le dialogue social à un affrontement entre des organisations syndicales et le patronat (ou même le gouvernement).

Suite à quelques "évolutions" internes, lors des dernières élections du Comité d’Etablissement il y avait pour le collège "Cadres" moins de candidats que de postes à pourvoir (et dans une proportion très significative). Le Comité d’Etablissement ainsi constitué n’aurait pas pu fonctionner pour des raisons de représentativités. Aussi des "seconds couteaux" de la DRH ont tentés de "recruter" des candidats pour le Comité d’Etablissement.

C’est à ce titre là que j’interviens. Pardon pour l’introduction un peu longue, mais il me semblait intéressant de planter le décor.

A force d’insistance de la part de la DRH, de relances par les "délégués nationaux" d’organisations syndicales qui m’ont même indiqués que nous pouvions nous présenter sans être affiliés à une organisation syndicale… et bien j’ai dit oui.

J’ai été candidat au Comité d’Etablissement pour être un "représentant du personnel". Elections sans véritable suspens, il y avait exactement autant de candidats que de postes à pourvoir. Sans surprises, j’ai donc été élu.

Cette nouvelle activité, parce qu’elle me semble assez originale pourra alimenter certainement certains billets…

Mais avant cela quelques éléments de fond pour, sinon justifier, du moins donner du sens à ma démarche. J’ai vu (imaginé ?) pour l’instant deux raisons d’être principales d’un Comité d’Etablissement (peut-être en découvrirais-je au fil du temps) qui m’ont conduit à finalement poser ma candidature :

1. Prendre en charge les "œuvres sociales", c’est-à-dire les prestations auxquelles peuvent prétendre les salariés (chèques vacances, organisation de tel ou tel évènement…). Il faut bien que quelqu’un "s’y colle" ; prenons cela comme du "bénévolat caritatif" en interne d’une entreprise… alors pourquoi pas moi ?

2. Echanger avec la Direction sur un certain nombre de projets qui sont soumis à avis. On le sait bien, dans ces grands groupes, les processus décisionnels ne sont pas aussi simples que dessinés sur les organigrammes : les directions fonctionnent parfois un peu trop en silo, ou de temps en temps, des directions peuvent avoir tendance à devenir de petites baronnies ; un autre frein à la qualité des projets peut être la lutte de pouvoirs entre différents directeurs, les luttes d’influences auprès de la Direction Générale… bref, au fil de toutes ces circonvolutions humaines, il arrive que certaines décisions, certains projets ou certaines orientations puissent être perfectibles, puissent être encore améliorées… Je me suis donc dit qu’il pouvait être intéressant d’être de ceux qui avaient un avis à donner avant les "mise en production" de certains projet, de voir comment, de l’autre côté du miroir, il serait possible de contribuer ainsi à la réussite des projets d’entreprise.

Bien que cela paraisse contradictoire à de nombreuses personnes, je pense que l’on peut chercher à représenter les salariés sans être dans une logique d’affrontement contre l’employeur. Il s’agit à mon sens, de chercher l’intérêt commun entre chacun des acteurs : clients, salariés et, le cas échéants, investisseurs. Il me semble que cela est d’autant plus le cas lorsque l’on a "la chance" d’être un cadre "proche de la DG" d’un groupe : en effet notre quotidien est fait de dossiers concernant l’avenir de l’entreprise, ses investissements sur le long terme… Ne soyons pas schizophrène ! Au contraire, dans la position où nous sommes, cherchons à signaler à la Direction ce qui peut leur avoir échapper par un regard plus proche du "terrain" opérationnel. Avec d’autres relais d’information, d’autres regards et d’autres réflexions j’espérais ainsi pouvoir contribuer d’une manière complémentaire au succès des projets de l’entreprise.



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