Dans la matinée, vous envoyez un petit mot à cette amie, comme ça, sans arrière-pensée, juré-craché, juste pour un petit bonjour. Elle répond qu’elle a terminé la lecture de votre manuscrit, il lui reste quelques notes à rédiger. Elle ajoute qu’elle aime et ceci et cela et vous parle justement de la fin ouverte et vous demande donc s’il y aura suite. Euh ! C’est que la suite, c’est rendu à votre génération, à votre époque, et donc des personnages qui s’inspireront sans doute de gens vivants. Aghhh ! petite panique.
Pendant ce temps, une autre amie, artiste peintre et grande créatrice de paysages, termine la lecture de Yukonnaise de Mylène Gilbert-Dumas. À votre suggestion d’ailleurs. Elle a beaucoup aimé, elle s’est identifiée au personnage. Elle qui aime tellement le bois, la nature, aurait voulu être un homme, un bûcheron, un planteur d’arbres vous lance comme chaque fois qu’elle vous parle du dernier livre lu : «j’ai une idée de roman !»
Comme il est l’heure de chausser les raquettes, vous l’invitez à vous suivre et développer son idée. D’un mot à l’autre, d’une suggestion à l’autre, vos voix montent, vos yeux s’illuminent, sa loquacité vous démusèle la cervelle, vous l’avertissez que tout ce qu’elle dit sera retenu contre elle.
Après une heure dans les bois où elle a pris quelques photos qui lui inspireront la lumière de son prochain tableau, vous, de votre côté, vous avez non seulement l’idée, le fil conducteur, mais aussi le titre et le prénom et surnom du personnage principal.
C’est la joie.
Au retour, alors que le soleil se couche, un fichier Excel est ouvert pour la chronologie des événements et les traits physiques de vos personnages. Un cahier, à peine utilisé, est retrouvé, votre stylo numérique rechargé. Vous êtes prête. 2014 n’a qu’à bien se tenir : le tome 2 sera publié et le tome 3 écrit. C’est dit !
(photo de l'auteure, un jour d'hiver, fin décembre 2013)