Les nouvelles mésaventures de la rose VII

Publié le 03 février 2014 par Observatoiredumensonge

   Les nouvelles mésaventures de la rose   

Par Jean-Marie Pieri

         CHAPITRE VII                     

PANNE SECHE.

Tout s’annonçait si bien pourtant!

Arrivée en fanfare du Maître des roses, lors de l’investiture: le banc et l’arrière-ban dégoulinait d’émotion et de bonnes résolutions, rivalités pour l’instant oubliées dans la foulée et le triomphe de la victoire!

Roses décrépites et fanées sous l’ancien régime, tout ployait devant l’entrant aux plus hautes fonctions!

Les thuriféraires stipendiés et blanchis, hagiographes serviles, le répétaient à l’envi, l’économie redémarrait: la crise était derrière nous prédisaient les inféodés, le redressement était proche, on allait voir ce que l’on allait voir gazouillaient mielleux les Ministres rondouillards, les courbes se redressaient, à savoir lesquelles et dans quel sens vers le haut ou vers le bas!!

L’opposition, dont le rôle est de s’opposer, n’avait jamais été aussi molle, paralysée par des querelles internes, des rivalités de personnes! Il fallait en profiter pour donner un coup de barre!!

La tentation collaborationniste rongeait les vaincus avec d’improbables alliances avec les traîtres d’hier et de demain, les leaders se déchiraient à belles dents à la grande joie du nouveau pouvoir et au grand désespoir du peuple mécontent, l’approche des échéances électorales venait encore compliquer les choses!!

Et puis patatras, le rideau mité se déchire et laisse voir ses trous, le roi est nu, le théâtre de la communication bafouille et gazouille de travers!

Cette totale confusion, perte des valeurs morales les plus simples brouillait l’image, la rendait odieuse au citoyen lucide et laissait au régime, fortement malmené par la pluie de mauvais chiffres dans tous les secteurs, les voyants étaient au rouge, une petite bouffée d’oxygène qui permettait de gagner du temps, de différer, d’éluder et d’esquiver les problèmes qui s’accumulaient!

Pourtant cela n’avait rien de réjouissant et le roi en était bien conscient, garder le sourire dans la tempête devenait difficile quasi-impossible.

Capitaines courageux, navigateurs aux long cours, visionnaires de génie où êtes-vous, quand le peuple attend!!!!

Et le pays malheureux plongeait dans le renoncement, la lâcheté et l’abime!

Contradictions, haines, colères se multipliaient: la lèpre des extrémismes se répandait dans les esprits, à trop manipuler…

Comment faire pour retarder la vague furieuse qui montait, un tsunami exacerbé, revendicatif, antichambre de tous les excès et de toutes les cruautés, se préparait et les contre-feux échouaient, car le peuple ne croyait plus aux diversions sur le sexe, la sexualité des anges adultes ou non, les théories les plus fumeuses avaient fait un flop retentissant, la mise à l’index des excités, des têtes de turc et autres boucs-émissaires "utiles" ne trompait personne, certaines catégories s’affolaient de crainte de se voir stigmatisées et jetées à la vindicte populaire!

Les entrepreneurs se lamentaient, ligotés par des mesures contradictoires ou incompréhensibles!

Dans ces conditions, toute tentative de réforme était d’avance vouée à l’échec le plus cuisant, faute de confiance et de sérénité, la paranoïa faisait des ravages, les rouages de l’Etat tournaient à vide, trop de Verbe tue le Verbe, l’anarchie sociale menaçait!

Que dire, que faire, quand la déroute intellectuelle se précise, quand la misère et le désespoir grondent et embrouillent les esprits, le peuple crie sa colère et descend dans la rue!

Rien de plus dangereux qu’un peuple incontrôlé, le roi en fin stratège n’était pas sans l’ignorer!

⁃  Il faut que ça change et vite, hurla-t-il l’air menaçant!