Magazine Humeur

J'aime pas les « remakes »...

Publié le 03 avril 2014 par Amaury Watremez @AmauryWat

Au cinéma, les remakes sont souvent ratés, à de rares exceptions comme par exemple celui des « Révoltés du Bounty » avec Marlon Brando et Trevor Howard en capitaine sadique tenant brillamment la comparaison avec celui certes plus âpre et moins psychanalytique, moins "Actors Studio" mettant en vedette Charles Laughton en capitaine Bligh et Clark Gable en « monsieur Christian ». Ne parlons pas des « remakes » de films dits de genre, de « série B » jouissives, complètement ratés, sans la poésie de leurs modèles...

politique, remaniement, Valls, Najat Vallaud-Belkacem, Taubira, hypocrisie, socio-libéralisme

Alors, ne me parlez pas des « remakes » de gouvernement, c'est encore pire...

Le gouvernement de Manuel Valls est de la même teneur qu'un de ces remakes qui ne sert pas à grand-chose. On va voir quand même en espérant que cera aussi bien que l'original, et puis au bout du compte c'est nul. On met souvent une vedette populaire, que le public apprécie dans le premier rôle, Manuel, en se disant que cela fera recette, et puis c'est le seul qui reconnaît un peu plus que les autres que l'insécurité dans les « quartiers » n'est pas seulement un ressenti de « petits blancs » racistes, forcément, mais aussi une réalité concrète et mesurable.

Certes, on a changé deux ou trois têtes par ci par là, on a pris des ministres qui ont voté « Non » au référendum sur le traité constitutionnel européen comme Benoît Hamon, on a gardé Montebourg pour faire plaisir aux souverainistes avant les élections Européennes, du moins espère-t-on que ce sera le résultat, mais la base idéologique est la même, et reste éminemment sociétalo-libérale, avec Christiane Taubira qui reste à la Justice et Nadjate, mon amie Nadjate, qui reste au ministères du Droit des femmes, de la Jeunesse et des Sports, et, « last but not least », des minijupes photogéniques ce qui est un atout non négligeable pour une femme libre comme Nadjate on en convient.

Je ne comprend d'ailleurs pas trop pourquoi madame Taubira, « Marie-Thérèse Saint-Just » (TM°), reste une icône de la gauche de la gauche, de la gauche « dure » qui si elle ne se retenait pas très fort procèderait immédiatement à la redistribution de ses ressources, car pour le moment elle n'a mené aucune réforme me semblant spécialement propre à améliorer le sort des plus précaires en France à l'exception il est vrai d'une réforme pénale plus laxiste qu'autre chose où l'on reste dans le refrain habituel de « célafotalasociété » si les jeunes se conduisent mal qui est à gauche comme disons un curé progressiste, espèce maintenant quasiment disparue, à l'exception de quelques dinosaures qui ont vidé leurs églises.

Quant à monsieur Peilhon qui a été remplacé par monsieur Hamon il aide à la mise en place d'un pédagogisme selon les préceptes de saint Philippe Meirieu qui découle directement des philosophies américaines libertariennes, socio-libérales en version « light », donc très loin de la gauche telle qu'on la conçoit. Surtout pas de contraintes éducatives en matière de savoir ou de droits ou de devoirs, l'élève, l'enfant consomme ce qu'il veut comme il l'entend.

C'est finalement comme un de ces absurdes et grotesques « remakes » colorisés de films qui fonctionnent mieux en noir et blanc, avec un peu plus d'audace apparente, entre autres Valls est réputé « de droite » pour la gauche « vraiment à gauche » qui si elle ne se retenait pas reprendrait le « Cuirassé Potemkine » le soir-même à Vladimir Poutine, promis, juré, craché depuis le « Manifeste du Parti Communiste » de Marx et Engels. Notez que je ne serai pas forcément contre pour plus de justice sociale, si cela ne procédait pas seulement de bonnes intentions depuis longtemps déjà. Les producteurs espèrent toujours que la « colorisation » attirera un nouveau public, qui jette un œil le premier soir, et tout rentre dans l'ordre.

image, site de libération.fr édition du 2 Avril


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