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Les grévistes SNCF sont des idiots utiles

Publié le 15 juin 2014 par Amaury Watremez @AmauryWat

ARTICLE-GREVE-SNCF-FETES-DE-NOEL.jpgLa grève à la SNCF remplit de joie au moins une française : Marine le Pen, voilà qui arrange bien ses affaires et ô magie plus personne ne parle de la sortie de son père en vidéo, vous parliez de « bruits de bottes » chers amis belles consciences, vous évoquiez le retour des z-heures les plus sombres de notre histoire ? Vous allez être gâtés, vous allez pouvoir vous en donner à cœur joie dans l'humour « citoyen », le « rire de résistance » et le dédain affiché envers ces peuples qui demandent simplement que l'on s'intéresse à leurs précarités de plus en plus nombreuses ! La gauche de la gauche va accélérer l'accession au pouvoir du Front National, vous ne goûtez pas l'ironie de la chose ?

Grâce au blocage des transports ferroviaires par 17% des cheminots, ce n'est pas 25% qu'elle va faire aux prochaines élections, même avec une indignation main sur le cœur après un « dérapage » de son père, mais 35% voire par l'entremise d'un conflit social initié par des salariés hyper-privilégiés comparés aux autres encartés à la CGT et FO, dont une grande partie vote il est vrai déjà FN/RBM sans trop le dire encore. Le mécontentement va croître de manière exponentielle.

Certes, oui, ce ne sont pas des milliardaires, mais ce sont des bénéficiaires d'un des 42 régimes « spéciaux » de retraites payés sur les impôts de tous les français qui depuis l'abandon de la machine à vapeur n'a plus lieu d'être. On rigole jaune sur la « prime silicose » entre autres que certains touchent encore. Ils partent en retraite pour les «roulants » à 50 ans, et les autres à 55.

Quelle dureté de vie !

Quelles conditions scandaleuses de fin de salariat en effet !

Je me souviens de ce conducteur de motrice, certainement un peu candide se plaignant d'avoir le bras un peu trop court pour atteindre le volant de sa machine, et qu'il lui faille se pencher un peu en avant ce qui est effectivement tout aussi pénible que charrier du charbon dans les anciennes locomotives.

Et si ça se trouve, ils s'ennuieront à rester chez eux : allez les salariés actuels qui doivent travailler déjà jusque 69 ans, on en connaît tous autour de nous, ou plus actuellement ne connaissent pas leur bonheur !

Ce ne sont pas seulement les candidats au bac qui seront gênés grandement par cette grève qui transforme tout apprenti voyageur en lutteur ou catcheur pour ne serait-ce qu'entrer dans le train, les fraudeurs profitant de l'absence de contrôles pour s'en donner à cœur joie. Ce sont tous les intérimaires, contractuels, remplaçants, salariés précaires qui ne peuvent se permettre d'arriver trop souvent en retard, ou de rater une seule journée de travail en étant pour beaucoup à un euro près quant à leurs comptes. Ce sont toutes ces personnes qui vont passer des entretiens d'embauche, des concours, des formations qui en pâtiront aussi sans que leurs employeurs ni nos dirigeants ne s'en inquiètent.

A tous ces gens là on répondra que la grève est un droit, que c'est comme ça, qu'il faut subir sans moufter, sans se plaindre, qu'il ne faut surtout pas critiquer les velléités revendicatives des salariés de la SNCF sous peine de se faire traiter de réac. Il est vrai aussi que ceux qui ont ces belles paroles ont des postes « assis », une résidence primaire ou secondaire, ou les deux. Il est vrai aussi que les déboires des voyageurs, en particulier ces précaires, l'état comme les institutions n'en ont rien à foutre. Grâce à Dieu, un peu de « panem et circenses » ne pouvant faire du mal pour endormir le bon peuple, c'est la « Coupe du Monde.

image prise ici


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