Edito N° 4 - le bénévolat

Publié le 16 novembre 2014 par Yèlssone Titah

Bonjour à tous,
Ce dimanche 16 novembre 2014, j'ai suivi dans le journal de la RTI (radio télévision ivoirienne) un reportage portant sur des activités d'association diverses portant sur la salubrité dans les communes de Yopougon et Abobo, activités réalisées par des bénévoles...
Je crois pouvoir dire que c'est la première fois que j'entends parler de bénévolat sur les antennes de télé...J'ai été ravie. Pas plus tard que la semaine dernière, j'en parlais avec des collègues, je disais justement qu'il manque à notre jeunesse la notion de bénévolat, de travaux d'intérêt général. Cette lacune, dans les notions et valeurs inculquées à nos enfants de la ville, a des conséquences qu'on semble ignorer...
Quelqu'un a qui on n'enseigne pas qu'il y a des travaux que l'on peut réaliser sans attendre de rémunération, qu'on peut effectuer un travail épuisant et ne pas être payé... Ne vous étonnez pas si ce dernier reste oisif, s'il ne se sent pas utile à la société, s'il ne trouve pas sa place, encore moins sa voie, s'il n'a pas le sens du devoir, il sera ainsi livré au premier bonimenteur... Ou encore deviendra un employé corrompu car seul le gain compte et non la satisfaction du travail bien fait... Ou contre une poignée de billets, il commettra un forfait...                                                                                                      
Où est le rapport ? Me direz-vous...

Et pourtant il y a bien un rapport, la preuve la plus courante, ce sont ces jeunes qui, sur certaines routes abimées, vont mettre de la terre dans les nids de poule et en retour vous exiger un droit de passage... Je dis bien exiger , il arrive parfois qu'ils soient menaçant, vous interdisant le passage... Alors que le geste des usagers de la route devrait être à l'image de leur action, c'est-à-dire volontaire et spontané.
Si tu n'as pas été contraint, recruté ou désigné pour exécuter une tache, tu ne dois pas exiger aux usagers qu'ils te paient...
Comment on peut imaginer que dans un pays en voie de développement, où le chômage constitue un réel frein à l'épanouissement des populations, comment peut-on imaginer que l'insalubrité atteigne des proportions aussi importantes...
En ville, nous croyons que nous devons aller en Europe pour apprendre comment nettoyer nos rues.
En ville, nous croyons que nous devons prendre part à tous les colloques internationaux pour mettre en place des comités de gestion de salubrité urbaine...

On devrait enseigner dans les écoles la notion de bénévolat avec des petits cas pratiques (comme on le fait dans certaines écoles de l'intérieur du pays). Dans les ministères, l'armée, la police et tous les autres corps de métier de la fonction publique, on devrait instaurer des périodes de travaux d'intérêt général... Et de grâce ne me dites pas que ce n'est pas africain, ou ivoirien comme proposition, ne me dites pas que c'est au Japon on fait ça...

 Car je vous dirai ceci : arrêtez de vous voiler la face,  les villages Ebrié de la capitale vous connaissez ??? Ils  sont propres et ce n'est pas l'État qui se charge de la  salubrité publique dans ces villages...

 Nos villages respectifs??? Ils sont propres et pourtant,  il n'y a pas de fonctionnaire de l'état qui organise le  balayage des rues.

 En ville, on croit que nos parents au village n'ont rien à  nous apprendre, on croit avec prétention pouvoir leur  apprendre certaines choses élémentaires comme la  salubrité, tout ça parce que nous avons quelques billets  de banque.

ci dessus l'entrée du village d'abobo-baoulé

En ville, nous croyons que nous devons aller en Europe pour apprendre comment nettoyer nos rues. En ville, nous croyons que nous devons prendre part à tous les colloques internationaux pour mettre en place des comités de gestion de salubrité urbaine...

Arrêtez de gaspiller l'argent du contribuable, allez un peu au village, ils vous diront comment on fait ?

Yèlssone

insalubritecapitaleabidjanbenevoleassociationemploijeunechomage