
Pour pouvoir exercer son ministère parmi les voyous, il a fallu à Guy comprendre. Comprendre que si aujourd'hui ils sont agresseurs, c'est souvent que hier ils ont été victimes. Que pour pouvoir s'en sortir, il fallait devenir plus fort, il fallait devenir celui qui fait subir pour ne plus être celui qui subit, et apprendre une autre façon de vivre sa vie sous la protection illusoire de la force et de l'agressivité. Comprendre aussi le manque de confiance en eux, la mauvaise image qu’ils ont d’eux même et qui les font basculer en contre-réaction. Comprendre les failles, les blessures et l'incompréhensible aussi.
Jeune homme, séminariste, jeune incorporé au cours de la guerre d’Algérie puis prêtre, il était habité par le message de l'Evangile, ce message d'amour et de charité qui le fait se tourner vers les plus petits, les plus malmenés, les plus malheureux quitte à se mettre les autorités quelle qu'elles soient à dos. Ce n'était pas qu'il soit réfractaire à l'autorité, c'est qu'il était réfractaire à toute injustice et à tout illogisme quant à la gestion ou direction de l'Etre Humain.
C’est un homme plein de sincérité qui accorde du sens à l’obéissance de sa mission de prêtre.
Ce livre est son témoignage de vie mais surtout son témoignage de foi. Il se nomme lui-même le vagabond de la Bonne Nouvelle animé par ce même feu de partage de l’Amour que le Christ.
Quant à sa médiatisation, il en parle sans faux semblants. Comme il l’a écrit : il a toujours su garder les pieds sur terre et le cœur dans l’Evangile. Et ses amis, ses ouailles, ces enfants, l’ont aidé aussi en ce sens, l’exhortant sans condescendance à ne pas céder aux chants des sirènes. Mais grâce à cette médiatisation, il aura sans aucun doute pu toucher tant de gens désespérés, de « voyous », miséreux… qui, sans cette émission de télé ou de radio, n’auraient peut-être jamais su qu’il y a dans ce monde un homme là pour eux, pour les aimer et pour faire comprendre aux autres qu’il faut ouvrir son cœur à tous. Par l’intermédiaire des médias combien ont été sauvé ? Nous ne le saurons jamais mais il y en a eu tant.
Ce passage de son livre dit tout et plus encore sur sa façon de voir puis de vivre sa vie : "J'étais fait pour être le serviteur de l'amour, mais surtout pour le donner. (...) je fais toujours la même prière le matin : "Donne-moi la force de transmettre l'amour.""
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