Magazine Journal intime

Dans la peau de l'autre

Publié le 24 novembre 2009 par Mclanta

Dans la peau de l'autre
On ne mesure décidément pas assez l'importance des trajets en voiture en philosophie.
Car c'est bien souvent dans cet habitacle de tôle et de plastique que s'échangent des pensées profondes, au fil du bitume. L'esprit humain est ainsi fait qu'il s'évade plus volontiers quand le corps est bien calé sur un siège, immobile, maintenu par une ceinture et bercé par le ronronnement du moteur devant un paysage de béton qui défile. Il s'évade aussi très bien au milieu de l'Atlantique, sur un bateau, mais c'est plus rare.
Hier, c'est donc dans une voiture qu'une petite fille de 8 ans a eu cette extraordinaire réflexion :
- Moi kekfois je me demande bien ce qu'il y a dans la tête des autres
Elle a dit ça alors que passait le dernier tube de Britney sur les ondes, mais ça n'a rien à voir avec le propos.
- C'est vrai, c'est impossible en fait de savoir exactement à quoi les autres pensent! Kekfois on a l'impression ki sont contents, et pis en fait non, à l'intérieur y sont tristes. Et puis kekfois y pleurent, et en fait y sont contents!
Je baisse le son. Britney, là, fait trop de bruit.
- Alors je me dis comme ça, que se mettre dans la place de kekin, ça devrait être important, mais que c'est vraiment difficile! Y faudrait voir avec ses yeux, écouter la même musique tout le temps, manger tout pareil, habiter au même endroit, jouer aux même jeux, même si je les aime pas...
- Et pourquoi tu aimerais te mettre à la place des autres, ma puce? demandai-je en zappant sur les infos
- Ben passeque des fois on se comprend pas et c'est dommage passe que si on pouvait savoir exactement ce ki pensent, c'est sûr on pourrait mieux les comprendre! Par exemple, ma maîtresse tout à l'heure, elle s'est mis en colère à cause que Dylan il parlait avec moi. Mais elle savait pas qu'en fait i voulait juste savoir si je pouvais l'aider à faire son calcul passeque comme il était malade il a pas pu réviser sa table de 4 et de 7 mais c'est pas de sa faute. Si la maîtresse avait su tout ça, elle se serait pas mis en colère et nous on n'aurait pas été fatigués par ses cris et on aurait tous bien réussi nos calculs!
Elle réfléchit encore, on passe au vert.
- Et puis si j'étais dans la tête de ma mère, peut être j'aurais moins envie de faire des bêtises?
Là je m'arrête au Stop. Je laisse passer un camion. Et je me dis que ça devrait être pas mal, de temps en temps, de se mettre dans la tête d'un enfant.


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