France - visite de la Maison des Tresses et Lacets - 4

Publié le 28 juin 2015 par Moqueplet

visite de la Maison des Tresses et Lacets - 4

le 06.06.2012

A partir des années 60, les changements de la mode (finis les charmants corsets lacés récalcitrants, finis les beaux corsages romantiques....) et la concurrence étrangère (déjà le Japon) mirent fin peu à peu à ces spécialités.

Notre petite vallée du Dorlay, longue de quelques kilomètres, abritait environ 15 usines de Tressage entre Doizieux et la Grand Croix où la rivière se jette dans une autre rivière, le Gier, au passé industriel lui aussi hors du commun - certaines usines comme celles où se trouve le Musée à la Terrassez sur Dorlay, ont employé jusqu'à 90 personnes avec un parc de 700 métiers.

Ce site était occupé par la famille Camus, propriétaire des lieux et tresseurs réputés depuis l'après guerre.

Le personnel, essentiellement féminin, venait des campagnes environnantes.

Un petit train à vapeur légendaire, appelé « la galoche » serpentait le long de la rivière pour acheminer les ouvrières jusque sur les lieux de travail où souvent elles passaient la semaine.

A coté des grands ateliers il y avait le travail à façon chez les paysans : des ouvrages étaient confiés pour des travaux d'assemblage, de finition (ferrage des lacets) et d'emballage.

C'était pour eux un revenu d'appoint non négligeable en ce temps là.

Quelques entreprises produisent encore de nos jours des articles de passementerie, des tresses élastiques ou encore des cordes.

Une branche d'industrie, issue de la fabrication des lacets existe toujours dans la vallée du Gier : c'est la fabrication des tresses métalliques avec ses multiples applications industrielles : gaines et câbles par exemple.

Le fonctionnement

L'explication la plus simple et la plus visuelle du maillage d'une tresse est la natte qu'une mère fait à sa fille avec trois mèches de cheveux. Ainsi les tresses et les lacets sont des tissus étroits obtenus par l'entrecroisement des fils sur le plateau du métier. Grâce à un circuit circulaire, une moitié de bobine de fils court dans un sens « en zigzaguant » s'entrecroisant avec l'autre moitié des bobines circulant en sens inverse. Ainsi les fils passent successivement tantôt dessus tantôt dessous un ou plusieurs autres, et créent un « maillage ». Cet enlacement devient oblique quand la tresse monte au « bec » du métier et s'enroule autour d'un croisillon pour donner un galon plat ou tubulaire. Le lacet et le cordon sont des tresses tubulaires.

Les articles peuvent être tressés à partir de 1O fils, 30 ou 60 et jusqu'à une centaine. Un fil est composé de un ou plusieurs brins. La principale qualité technique de la tresse est sa haute résistance à l'usure et à la rupture (d'où les cordes d'alpinisme).

Les matières

Ont été utilisés le coton, le jute, la laine, le lin, la soie, la paille, le crin pour le naturel. La rayonne, la viscose, l'acrylique pour les artificiels. Le nylon et le polyester pour les synthétiques, les fils métalliques et plus récemment la fibre de verre de carbone et les matériaux composites. Si l'on incorpore aux articles tressés des gommes ou des fils élastomères on obtient des tresses plates élastiques,  indispensables par exemple pour nos caleçons! Ou des sandows.

Les autres productions

L'évolution des marchés a conduit sans cesse les entreprises à innover. Vers 1930 de nouvelles fabrications apparaissent : la câblerie. Les fabrications s'orientent également vers les fils de téléphone, électriques, les gaines métalliques et tuyauteries plastiques de qualité pour l'automobile et l'aéronautique, le ferroviaire, le nucléaire et l'industrie pétrolière, les tuyaux d'incendie, sangles, filtres pour piscine, l'électroménager, ceintures de sécurité et clôtures électrique, également le secteur médical (cathéters et fils de soie pour les dents). Dans ces dernières fabrications une autre région se distingue dans le Puy de Dôme : Ambert, avec une dizaine d'entreprise en activité. Sans oublier les cordes pour la montagne et la voile, les articles de loisir ainsi que les articles de passementerie pour la mode et la décoration (entreprise Passementierie à Saint Paul en Jarez).

Les métiers à tresser actuels sont d’aspect bien différent. Le principe de base est toujours le même mais ils sont métalliques, compacts et carénés, les pièces mobiles sont plus petites et bien plus rapides. L'électronique, l'ordinateur et la pneumatique se sont incorporés aux métiers. La comparaison est la même entre une Ferrari F1 et une Bugatti T35 de 1928. L'entretien et la mise au point sont assurés par le « gareur » qui s'appelait déjà ainsi au XIXeme siècle.