Visionnage vite fait 2.

Publié le 17 février 2016 par Jules


The Game-David Fincher

J’adore tout les films de David Fincher mais « The Game » est sans doute l’un de ses films les plus sous estimé, pourtant il ne détone absolument pas par rapport au reste de sa filmographie. Sorte de conte de Noël trash où un milliardaire aigri fait le bilan de son existence via un jeu de rôle, « The Game » vaut beaucoup plus que sa réputation de film raté. Déjà la mise en scène très hitchcockienne de Fincher est imparable. Mais à l’époque il était difficile de passer après la claque qu’a été « Seven » et surtout, c'est la fin du film qui a suscité un rejet massif.

SI NOUS N’AVEZ JAMAIS VU THE GAME NE LISEZ PAS CE QUI SUIT.

En effet le pseudo "happy end" a plus que déconcerté les spectateurs de l’époque. Hors avec le recul c’est précisément cette fin qui rend le film si terrifiant.

Il aurait presque été logique de terminer le film sur le premier twist, à savoir que Nicolas Van Horton (Michael Douglas comme toujours génialement ambigüe) tue son frère par accident et finit défenestré comme son père. Hors ce qui suit est beaucoup plus intéressant. Car en effet il est difficile de croire deux secondes à cette réception d'anniversaire où tout le monde semble dans la connivence, et il est même pire d’imaginer qu'ils soient tous complices de cette mascarade où non seulement on prive un homme de tout ce qu’il possède mais également de son libre arbitre (sa rédemption par le suicide prévue par le jeu). Cruel même pour un personnage aussi peu aimable que Von Horton !

De plus la toute dernière scène fait plus que nous suggérer que le jeu continue. Le réel a définitivement disparu, on ne peux plus compter sur personne, la paranoïa est partout. "The Game" est un film infiniment plus sombre et ambigüe qu'il n'y apparait, et mérite d'être réhabilité

 

Sorcerer-William Friedkin

La version intégrale et restauré est enfin disponible en France via l’éditeur Wild Side. Remake du « Salaire de la Peur » d’Henri Georges Clouzot et film maudit du Nouvel Hollywood, « Sorcerer » tient encore sacrement la route. On peut fantasmer à loisir sur le casting prévu à l’origine (Lino Ventura, Mastroianni et Steve McQueen) mais Roy Scheider et Bruno Cremer ne sont pas mal non plus.