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Albert larouche : certains adieux n'en sont pas

Publié le 23 avril 2017 par Orage

ALBERT LAROUCHE : CERTAINS ADIEUX N'EN SONT PAS

Albert Larouche 1925-2017


Vendredi 21 avril, Hélène Larouche que j'ai surnommée affectueusement Hélène Junior- en référence à sa mère artiste Hélène Beck - m'écrit quelques mots, lourds de sens, sur le départ imminent de son père Albert Larouche le bien aimé. C'est comme si tout devenait immobile autour de nous. Une vie se termine et, avec elle, malgré nous nous, une partie de la nôtre s'en va avec elle.
Ce qu'Hélène communique, c'est à la fois sa peine, sa sensibilité, sa force et sa conviction qu'Albert avait pour moi de l'importance. Assez pour que je fasse partie de la confidence et du partage de ce moment de vie... oui, je dis bien moment de vie. 
Dans ma tête, un tourbillon : le sentiment ressenti face à la peine de l'amie, des amis, le rappel des derniers moments de mon propre père, le deuil soudain qui va affecter tous ses amis si proches et dont certains sont les miens. Je pense à Jérémie Giles en particulier. Je pense aussi à sa fille Isabelle  l'écrivaine talentueuse et à son fils Bernard. Je pense à Hélène Beck, ce nom qui a superbement supplanté son patronime de naissance, Claire Boily, dont je n'ai eu connaissance qu'aujourd'hui fouinneuse que je suis sur Internet.
Déjà Membre des 21, le 19 juin 2010, Albert Larouche était reçu Membre de l'Ordre du Bleuet. J'écrivais alors ce texte que je me permets de reprendre, bien qu'il figure en évidence sur le site Web créé pour lui:
De sa naissance à Kénogami en 1925, de ses classes primaires à Jonquière, de ses études secondaires à Arvida et classiques à Chicoutimi, Albert Larouche est le parfait prototype de la fusion avant l’heure. À la géographie de sa jeunesse, il ajoute son mariage avec une audacieuse artiste peintre, Hélène Beck, des enfants très portés sur les arts et l’écriture, le tout additionné de sa propre curiosité archéologique et de l’influence incontestable des ses fréquentations professionnelles.
Comme réalisateur à Radio-Canada, Albert fréquente des célébrités : Maurice Chevalier, Tino Rossi, Luis Mariano, Jacques Brel, Gilles Vigneault, Claude Léveillé, Jean-Pierre Ferland, Ginette Reno, Claude Dubois, Jacques Michel, Robert Charlebois. Il devient le témoin privilégié de mémorables inaugurations : telles que le camp musical du Lac Saint-Jean et l’Université du Québec à Chicoutimi. Lors de l’Expo 67 à Montréal, il est requis pour la réalisation de grands reportages, dont la visite de la reine Élisabeth II, celle du Général de Gaulle, ainsi que le Festival d’Art dramatique réunissant à Saint-Jean de Terre-Neuve des comédiens de chaque province canadienne. La même année, à son retour à CBJ, il ouvre les ondes à la radio-théâtre mettant en scène des jeunes comédiens de la région interprétant nos auteurs. Louise Portal, Michel Dumont, Ghislain Tremblay en gardent souvenir tout comme nos musiciens se souviennent de la populaire série «Banc d’essai» où les finissants des Conservatoires de musique du Québec pouvaient être entendus sur les ondes canadiennes ; sans oublier Les grands concerts de Radio Canada qui captaient les concerts donnés dans notre région.
La personnalité d’Albert Larouche est tissée de tous ces fils reliés à l’histoire, la littérature, la musique, le théâtre, développant un véritable attachement à la mémoire. Incontestablement sa devise est «Je me souviens», tout comme se souvenaient les Anciens du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui ont alimenté pendant des années le contenu de sa série d’émission «Au Temps de la galette», un des trésors des Archives nationales.
Membre fondateur et président de la Société d’archéologie du Saguenay, président du Comité d’acquisition du Musée du Saguenay, il a terminé sa carrière en 1983, le temps de recevoir, en 1982, le Prix du Journalisme Auguste-Béchard (fondateur du premier journal de la région), prix décerné par la Société nationale des Québécois en reconnaissance de ses travaux et de la diffusion du patrimoine saguenéen. 
Nommé à juste titre membre honoraire de la Société historique du Saguenay, Albert Larouche met à profit ses longues vacances pour travailler comme bénévole pour cet organisme où il se consacre à l’identification et au classement des photographies accumulées pêle-mêle dans des cartons. En 20 ans, il en a classé plus de 60 000.
Albert a mené sa carrière de réalisateur avec bonheur. Il a su mettre la radio au service de la mémoire et de la culture. Aujourd’hui, adepte enthousiaste de l’ordinateur, il décrète que cet outil merveilleux est «un petit écran par lequel l’univers est entré dans sa maison». Homme modeste, il ne se rend pas compte que ce grand passionné, archiviste dans l’âme, qu’il est, contribue à sauvegarder l’histoire de notre population.

ALBERT LAROUCHE : CERTAINS ADIEUX N'EN SONT PAS

Albert Larouche et sa compagne de vie Hélène Beck, reçus tous deux Membre de l'Ordre du Bleuet le 19 juin 2010.


Je pourrais regretter de n'avoir pas assez souvent profité de sa présence. Je préfère garder précieusement chaque souvenir et me dire que ce fut un privilège que de partager avec Albert Larouche des heures de vie vibrantes comme ce repas festif à mon Refuge roserain où la joie, la poésie et les chansons étaient au rendez-vous. 

ALBERT LAROUCHE : CERTAINS ADIEUX N'EN SONT PAS

Quelques saveurs belges pour le dessert comme cette crème vanille qui en a fait saliver plus d'un. Sur la photo on reconnaît Christine Bouchard, artiste peintre, Claude Bolduc et sa compagne Hélène junior, Albert Larouche et Hélène Beck. 

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En quise d'information : La famille accueillera les parents et amis à la Résidence funéraireGravel & Fils, Réseau Dignité au 825 Bégin, coin des Champs-Elysées à Chicoutimi.
Les heures d'accueil sont : le vendredi 28 avril 2017 de 14 h à 17 h et de 19 h à 22 h. Samedi, le salon sera ouvert à compter de 9 h. La célébration de la Parole aura lieu le samedi 29 avril 2017 à 10 h 30 à la chapelle Gravel & Fils.
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