Raphaële George | [On ne devrait jamais arrêter d’écrire, ce qui est poésie surtout]

Publié le 30 mai 2017 par Angèle Paoli

[ON NE DEVRAIT JAMAIS ARRÊTER D'ÉCRIRE, CE QUI EST POÉSIE SURTOUT] O n ne devrait jamais s'arrêter d'écrire, ce qui est poésie surtout. On perd l'habitude, le souffle, le ton, on perd même sa compréhension faite de tant d'amabilité, et bêtement l'arrêt nous rend ignorant de ce qui juste avant nous était encore nécessaire. Ainsi on sort de la grâce. Peut-être est-ce ce qui m'est arrivé à force d'avoir peur de mal faire, de mal dire. Je me crois maintenant en un point de non-retour. Il faut que je retrouve ma force antérieure mais comment ? Il faut que je retrouve une certaine innocence, cette poésie attachée et venue des sentiments simples, accepter cette montée de la nostalgie, cette montée que la plupart du temps nous ne pouvons laisser venir et que nous occultons. Raphaële George,
On ne devrait jamais s'arrêter d'écrire, tout ce qui est poésie surtout. On perd l'habitude, et bêtement on devient ignorant de la musique qui lui est nécessaire. D'une certaine façon on sort de la grâce. Peut-être est-ce ce qui m'est arrivé à force d'avoir peur de mal faire, de mal écrire. J'arrive maintenant à un point de non-retour. Il faut que je retrouve ma force antérieure. Il faut que je retrouve une certaine innocence, la poésie attachée aux premiers sentiments, à une certaine montée de la nostalgie, cette montée que la plupart du temps nous ne pouvons laisser venir et que nous occultons.*
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* Ces deux variantes existent sous forme dactylographiée, sans qu'il soit possible d'établir l'antériorité de l'une par rapport à l'autre.
Je suis le monde qui me blesse, journal intégral (1976-1985), Éditions Unes, 2017, page 113. Édition établie par Jean-Louis Giovannoni et Nicolas Marquet.