Jeanine Baude | Ô, solitude, l’île

Publié le 29 juillet 2017 par Angèle Paoli

Ô, SOLITUDE, L'ÎLE Jeanine Baude, " Ô Solitude, l'île " in
(extrait)
Ô, solitude, l'île et dansent les gorgones quand tu restes muet
Assoiffé de ton propre sang, en retard sur le dire et le regard du rêve
Cloué à ton fauteuil sous la nue silencieuse et le jour apprêté de son fard
Quand tu te refuses à prévaloir de la sagesse sur la mélopée doucereuse et
L'antienne qui verse son miel ; la pointe acérée de son stylet sur la page
Ourlant l'entaille rouge, tout lien rompu, ton visage inaccessible
A toi-même, d'abord, et ce corps, ce corps de l'abîme éructant comme glas
D'un clocher invisible sur un décor de givre et de belle saison, tu
Rayonnes, tournant et tournant, de ce fauteuil à ces mains, de
Ce tremblement, nausée épaisse, à ce qui commence à peine du
Côté du cœur à sonner les semailles, l'appel du plus haut que toi
Et venant de la terre pour sauver la clarté sur l'étrange bête humaine
Oui, La Rumeur libre Éditions, Collection Plupart du temps, 2017, page 92.