Les fenêtres étaient fermées obstinément. Leur teint brouillé, leurs yeux vides et leurs rides témoignaient de nombreuses années passées dans cet endroit.
Calfeutrés dans leurs bureaux surchauffés, ils restaient indifférents à la chaleur ambiante. Le ventilateur tournait mais cet objet ridicule brassait un air devenu irrespirable.
Les yeux immobiles sur leurs écrans, ils exécutaient des tâches ingrates dans un silence religieux.
Dehors, un vent rafraîchissait les passants et dérangeait leur chevelure.
J'ai eu envie de leur crier : "ouvrez cette fenêtre !". Mais j'étais devenue comme eux, inerte, déjà vaincue, prisonnière de leurs habitudes....
