Philippe Leuckx, Le Mendiant sans tain (extraits)

Publié le 27 avril 2019 par Angèle Paoli

LE MENDIANT SANS TAINn m'afflige de solitude Philippe Leuckx,
(extraits)
I
O
Aux heures les plus froides
Ne me protège que la peau
Encore qu'il faille s'entendre sur ce mot
Qui me blesse le cuir
D'être si tannée
Ma peau n'est qu'un poème déserté
Qui m'inflige patience Le Mendiant sans tain, Éditions Le Coudrier, 2019, pp. 9, 10, 12, 38. Illustrations de Joëlle Aubevert. Préface de Jean-Michel Aubevert.

II
On dit que les trottoirs
Sont de vrais miroirs
De nos vies
Nous vivons
Dans la plus pure des transparences
Mendiants sans tain
Qu'on suit d'un œil policier
Comme peuvent le faire les chiens
Aux heures les plus sombres
[...]
IV
Il pleut il neige il gèle
Combien de saisons rabattues sur mes os
Comme si je n'en avais pas assez
De les cadenasser sous moi
Dans l'abondance des papiers des cartons
Qui se mouillent s'échardent feignent
De me protéger
[...]
XXX
Il passerait sous les gouttes
S'il n'avait ce teint d'hiver
Le mendiant qui peine
À trouver une sébile
Pour y poser son âme
Qu'il a brève
Puisqu'il pense la perdre
Tous les soirs
Dans l'ivresse un peu vaine
De l'attente