Jacques Chirac, père de la droite honteuse

Publié le 08 octobre 2019 par Observatoiredumensonge

La mort de Jacques Chirac rend orpheline la droite honteuse. Partout, elle s'est transformée en machine à perdre..

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Jacques Chirac, père de la droite honteuse"
Par Ivan Rioufol

CHRONIQUE - Les Républicains doivent s'extraire de l'héritage ambivalent de Jacques Chirac et prendre une position plus ferme sur l'immigration, argumente notre chroniqueur.
La mort de Jacques Chirac rend orpheline la droite honteuse. Partout, elle s'est transformée en machine à perdre. Ce week-end, en Autriche, le chancelier conservateur Sebastian Kurz a remporté haut la main les législatives après une campagne décomplexée contre "l'immigration illégale" et "l'islam politique". Du coup, l'extrême droite (FPÖ) a perdu dix points. Tant que la question identitaire ne sera abordée qu'avec des pincettes par Les Républicains, ils n'auront aucune chance de retrouver leurs électeurs perdus. Il y a un an, Valérie Pécresse (LR) déclarait: "Ni Orban ni Salvini ne sont des modèles pour la droite française." Ce genre de réflexion ne satisfait qu'un progressisme en sursis: il surnage en insultant ceux qui craignent que les Français ne deviennent, demain, minoritaires dans leur pays envahi. Cela fait cinquante ans que les lanceurs d'alerte, à commencer par le conservateur britannique Enoch Powell en 1968, sont ainsi traqués par les dénonciateurs et les censeurs à cartes de presse. Mais les faits donnent souvent raison aux Cassandre. La droite honteuse a fait son temps.
La décision de la famille Chirac de ne pas inviter Marine Le Pen au service solennel en l'église Saint-Sulpice, lundi, est venue contredire l'image de rassembleur défendue par les thuriféraires de l'ancien président. Une rancune déplacée a voulu faire payer à la fille les oppositions du père. La stratégie de diabolisation du FN, arrivé au second tour de la présidentielle le 21 avril 2002 face à Chirac, a abouti à faire de cette formation le premier parti d'opposition. En refusant à sa présidente de se joindre à un moment de recueillement et de cohésion, le clan Chirac a signifié à des millions de Français qu'ils étaient indésirables. C'est cette exclusion d'une partie d'un peuple, coupable de penser trop librement, qui a conduit à la désintégration de la droite de gouvernement. Son alliance tactique avec le centrisme tempéré l'a rendue semblable à la gauche. De ce piège, consolidé par Chirac, Les Républicains doivent s'extraire rapidement.
"La sottise serait de laisser croire que le RN dirait le faux et LR le vrai. Tous deux parlent d'une même voix"
La sympathie que dégageait "Chichi", soucieux des faibles, ne suffit pas à caractériser son itinéraire, salué aussi par les nostalgiques d'une époque révolue. S'il est un trait qui domine, c'est l'ambiguïté du personnage. Elle se lit par exemple dans l'appel de Cochin de 1978, diatribe contre l'Europe "antinationale", qui débouchera sur une ode à "l'immigration, chance pour la France". Rien n'est compréhensible dans sa politique présumée de droite. Et pour cause: son ancien collaborateur, Jean-Luc Barré, rapporte son aveu: "Je n'ai jamais été de droite!" Or c'est sous cette étiquette que des électeurs lui ont apporté leurs voix. Cet abus de confiance s'est perpétué avec ses successeurs. Emmanuel Macron est le dernier maillon de ce "en même temps" indéchiffrable. Le cynisme des dirigeants explique la crise de la démocratie. Ceux qui jettent le discrédit sur les Français en quête d'une vérité font comprendre qu'ils se complaisent dans le mensonge et le flou. Ils font office de repoussoirs.
Le cordon sanitaire, qui avait poussé Chirac à refuser de débattre avec Le Pen au second tour de 2002, n'a servi qu'à évacuer les questions civilisationnelles, pour en faire don au FN, puis au RN. Ces thèmes seront au centre de l'élection de 2022. Macron le sait: il tente d'aborder l'immigration après en avoir loué les mérites. Aux Républicains de s'emparer de ces sujets, en rompant avec l'héritage du chiraquisme, cet entre-deux qui penche à gauche. Guillaume Larrivé et Julien Aubert, qui concourent au poste de président des LR face à Christian Jacob, semblent prêts à surenchérir pour réhabiliter la nation et son peuple souverain. L'un veut supprimer le droit du sol, l'autre veut démocratiser le référendum. L'exemple de Kurz confirme que cette stratégie est bonne. Mais la sottise serait de laisser croire que le RN dirait le faux et LR le vrai. Tous deux parlent d'une même voix. Même si Marion Maréchal a renoncé, mardi, à se présenter en 2022, des alliances sont à conclure, comme l'espèrent 57 % des Républicains.
La censure des assoupis
L'indulgence qu'a toujours montrée Chirac face à l'islam n'a pas aidé à contenir cette civilisation dans sa conquête de l'Europe ouverte et passive. Lorsque le réalisateur hollandais, Théo van Gogh, fut assassiné par un islamiste le 2 novembre 2004, le président fit une déclaration en Conseil des ministres pour déplorer "une grande perte". Mais il parlait de l'ourse Canelle, tuée la veille par un chasseur dans les Pyrénées. C'est Chirac, favorable à l'entrée de la Turquie en Europe, qui, en 2003, avait assuré à Philippe de Villiers: "Les racines de l'Europe sont autant musulmanes que chrétiennes." Peu après, il allait s'opposer à l'inscription des racines chrétiennes de l'Europe dans la Constitution européenne. Les commentateurs rappellent son pacifisme, au prétexte qu'il refusa de suivre George W. Bush en 2003 dans sa guerre contre l'Irak. Toutefois, ils oublient son choix de se ranger derrière Bill Clinton et l'Otan en 1999, pour bombarder la Serbie chrétienne, alliée de la France durant la Grande Guerre, dépossédée depuis de son Kosovo islamisé.
Les mêmes assoupis sont restés au pouvoir. Ils ne se réveillent que lorsque des insolents osent reprocher à l'islam de se comporter en colonisateur. Éric Zemmour est depuis mardi, pour la énième fois, dans le collimateur de la maréchaussée des idées. Le parquet de Paris veut le poursuivre. Des journalistes, y compris au Figaro, réclament sa tête. Ces gardiens de la pensée conforme lui reprochent de s'être fait, samedi lors d'une convention de la droite, le porte-voix d'inquiétudes indicibles. Il est loisible de considérer que les propos du confrère ont été, pour partie, excessifs et contestables. Mais faudrait-il que l'eau tiède envahisse les débats? Le délit d'opinion est devenu si banal que même une partie de la presse le défend. Cette régression totalitaire est plus dangereuse que les rudes analyses d'un polémiste.
Défiance généralisée
Parce que les électeurs ont été trop souvent trahis, la crédibilité des dirigeants s'est effondrée. Le gouvernement est incapable, par exemple, de rassurer sur les effets de l'explosion de l'usine chimique Lubrizol, à Rouen: l'opinion ne croit rien de ce qu'il dit. Jeudi soir à Rodez (Aveyron), Macron a pourtant repris sa formule du "grand débat", pour l'appliquer à la réforme des retraites. Mais que vaut sa parole, dans cette défiance généralisée?

Ivan Rioufol

éditorialiste au Figaro

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Ivan Rioufol pour Le Figaro

parution chaque samedi

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