W comme Waters

Publié le 27 novembre 2019 par Christinedb

Pour le W du ChallengeAZ , j’ai déjà usé la wassingue, les wallons et le web… la liste des mots en w s’amenuise.

Aujourd’hui ce sera donc water, comme disait ma grand-mère Germaine Silice pour désigner les toilettes.

Le sujet va sans doute paraître un peu scabreux et je n’ai aucun trône dans ma cave ou mon grenier mais cela fait bien partie de la vie de nos ancêtres…

Définitions

Water(-)closet(s), waters. Le plus souvent au pluriel: les water-closets. Lieux d’aisances. Synonyme: cabinet , chiotte (argot), lavabo, toilettes (v. toilette). Aller aux waters; demander où sont les waters. « MlleBlanche a été caissière dans un water-closet à l’Exposition de 78. On payait cinq sous, et dix sous pour les cabinets avec toilette  » (Renard, Journal, 1889, p. 31). « Un petit pavillon treillissé de vert (…) dans lequel étaient depuis peu installés ce qu’on appelle en Angleterre un lavabo et en France, par une anglomanie mal informée, des water-closets » (Proust, J. filles en fleurs, 1918, p. 492).

On relève couramment les formes abrégées suivantes: les waters ; ouatères  francisé de la prononciation anglaise; vatères; W.C. ou W.-C., W-C  ; wawas  par répétition de la 1resyllabe ; Vécés. Mais si j’ai choisi ce mot, c’est aussi pour parler de l’hygiène de nos ancêtres. L’histoire des toilettes remonte à l’origine de la civilisation : dès qu’un grand nombre de personnes se trouve réuni au même endroit, il y a besoin d’un système pour évacuer les ordures et les excréments. Les archéologues ont mis au jour des vestiges de réseaux d’eau voire de toilettes à chasse d’eau. La ville de Harappa, au XXVe siècle av. J.-C., dans la civilisation de la vallée de l’Indus) comprenait des toilettes fonctionnant à l’eau dans chaque maison, liées par des drains couverts de briques d’argile cuite. On retrouve des « égouts » en briques similaires en Mésopotamie, ainsi que des tuyaux en terre cuite dans les palais minoens (Crète), qui transportaient l’eau sous pression aux fontaines. Des tranchées en pierre transportaient les eaux usées.
Antiquité : les premières cités assainies

C’est sans doute dans la Rome antique que l’on trouve les aménagements sanitaires les plus connus. Les patriciens utilisaient généralement des pots de chambre, qui étaient vidés par des esclaves. De son côté, la plèbe avait recours aux bains publics

Toilettes publiques antiques à Ostie.

et aux toilettes publiques, conçues pour évacuer les excréments (de l’eau circulait sous le trou). Les vespasiennes tirent leur nom d’une anecdote touchant l’empereur romain Vespasien (9-79) qui avait eu l’idée de mettre un impôt sur l’urine. Celle-ci était en effet récupérée par les teinturiers et blanchisseurs à qui elle servait au dégraissage des vêtements.

C’est aussi dans les lieux communautaires que l’on trouve des exemples d’assainissement, comme dans les monastères. A Londres jusqu’à la révolution sanitaire du XIXe siècle, les fosses d’aisance étaient vidées manuellement la nuit, et les excréments étaient séchés et emportés sur des carrioles et des barges vers la campagne.

Moyen Âge : puanteur et récupération
Latrine à encorbellement (souvent confondue avec une bretèche) pour toilettes de château, XIIIe siècle.

Le Moyen Âge marque une séparation entre l’Europe et l’Asie. En Asie, les excréments sont donc souvent réutilisés comme engrais, à travers un système organisé.

Ce système de récupération existait aussi dans d’autres villes asiatiques comme Kaboul en Afghanistan, où des fosses étaient vidées puis les excréments emmenés vers les champs par carriole.

En Europe, il est alors plus rare que les excréments soient desséchés.
Les édifices importants (châteaux, abbayes médiévales ) ont des latrines individuelles ou collectives avec sièges en bois ou en pierre, fonctionnant comme les monastères du Bhoutan et les forts indiens, où les excréments tombaient dans le vide et s’évacuaient avec les eaux des douves ou de canaux aménagés .
Les villes connaissaient davantage de problèmes, car il était rare qu’il existât un système organisé de collecte et d’évacuation des excréments. À Paris il existait toutefois la voirie.
Les habitants allaient dans des latrines publiques, cabanes sur les rivières ou fossés, sièges en planches percées posées sur des rondins. Les résidents des habitations privées utilisaient souvent des pots de chambre qui étaient vidés dans les rues avec les ordures.
Les résidents plus aisés faisaient parfois construire des édicules dans leur cour.
A Paris les habitants déféquaient directement dans les rues, tandis qu’à Versailles les courtisans faisaient leurs besoins derrière les portes, sur les balcons ou dans les jardins, sans s’en cacher.

Toilettes extérieures. Les problèmes se posaient surtout dans les villes européennes qui grandissaient ; à la campagne, les latrines étaient communément utilisées, consistant souvent en un banc percé de trous, au-dessus d’une large fosse, le tout dans une cabane séparée de la maison.

Dans les villes, les classes nobles disposèrent de chaise percée à partir du XVIe siècle.
Les classes aisées utilisaient des pots de chambre, parfois fermés et surmontés d’un siège percé plus confortable, vidés par les domestiques.
Les classes plus pauvres utilisaient un coin de leur cave ou vidaient un pot de chambre dans la rue.
Cette dernière pratique a dû être interdite dans les grandes villes : à Londres comme à Paris, il était interdit de décharger de l’eau dans les canaux des rues, jusqu’au milieu du XIXe siècle. Ces conditions vont mener à la création de la chasse d’eau au XVIe siècle et aux égouts au XIXe siècle.

La chasse d’eau en Europe

En 1592, John Harington, poète et filleul de la reine Élisabeth Ire d’Angleterre, crée la première chasse d’eau . Après que la Reine avait visité sa maison, elle en fit installer une à Richmond Palace.

L’invention d’Harington ne connut pas de grande notoriété de son vivant. Quelques voyageurs venus en Angleterre mentionnent les « machines du petit coin » au XVIIe siècle. Au début du XVIIIe siècle, on trouve quelques chasses d’eau en France. Le premier brevet est déposé par l’horloger Alexander Cumming en 1775. Son innovation majeure est l’ajout d’un tuyau courbé en forme de U, agissant comme siphon et empêchant les odeurs de remonter. La chasse d’eau « moderne » avec la cuvette associée était à l’origine destinée aux plus pauvres, et ne s’est répandue qu’à partir des années 1840.

À la fin du XVIIIe siècle et surtout au début du XIXe siècle, le niveau de vie monte et de nombreux habitants des classes moyennes européennes accèdent à la propriété. Le marché des accessoires domestiques s’accroît, et notamment celui des toilettes. Mais les systèmes d’assainissement ne suivent pas : les toilettes se déversent dans des fosses d’aisance, elles-mêmes vidangées la nuit, et leur contenu sert à fertiliser les champs. La croissance des grandes villes (augmentant le coût du transport) et l’arrivée d’engrais moins cher comme le guano dans les années 1840 menacent ce commerce : dans les grandes villes européennes, les fosses d’aisance ne sont plus vidées, débordent dans les canaux de décharge des eaux de pluie, puis dans les rivières. Des égouts sont parfois construits, mais leur coût et les difficultés administratives ne leur permettent pas de remplir leur rôle.

La révolution sanitaire du XIXe siècle
Ausstellungsstück im Museum für historische Sanitärobjekte im Kammerhof, Gmunden

Vers le milieu du XIXe siècle, le niveau de pollution de certaines rivières devient critique. Avec l’été chaud et sec de 1858, la Tamise baisse en volume pour ne plus charrier lentement qu’un flot d’excréments qui révolte et affole la population de Londres.

La méconnaissance des mécanismes de transmission des maladies comme le choléra augmente la panique ; la proximité de la Tamise et du Parlement incite les députés à agir promptement. Deux semaines après le pic de la crise, une loi est votée, facilitant la construction d’égouts et débloquant des crédits conséquents. Cet évènement, connu sous le nom de « Grande Puanteur » marque le début de la « révolution sanitaire » que connaissent les métropoles européennes durant la seconde moitié du XIXe siècle.

Londres n’est pas la seule ville à connaître un tel évènement : Paris aura sa « Grande Puanteur » de la Seine en août–septembre 1880.

Un décret impérial du 10 mars 1809 impose la construction de fosses étanches et édifiées dans des conditions uniformes et en 1880, ces fosses fixes sont la règle à peu près générale. Progressivement des systèmes autorisant le tout-à-l’égout – on désigne « l’envoi immédiat, avant toute fermentation, des matières fraîches noyées dans un cube suffisant d’eau de lavage » – se mettent en place.  Ce n’est que fin XIXe siècle que le tout-à-l’égout s’impose de manière complète au bout d’un long débat qui aura monopolisé l’attention des médecins hygiénistes, politiques, ingénieurs, architectes, etc..

Toilettes à terre et toilettes à eau

En Angleterre à partir de 1836, deux systèmes de toilettes coexistent : la toilette à eau inventé par Thomas Crapper, et la toilette à terre, inventée par Thomas Sziburne. Des toilettes à terre sont commercialisées dès 1860 par Henry Moule. La guerre commerciale s’étend sur le continent, notamment l’invention du siphon pour les toilettes à eau, et la multiplication des offres sur les toilettes sèches. Le catalogue d’Henry Moule propose entre autres des toilettes qui déversent de façon automatique une quantité de terre définie, une toilette chauffant pour supprimer les odeurs, des systèmes ventilés et d’autres modèles plus basiques pour les collectivités.

La publication des travaux de Pasteur sur les microbes portent un coup fatal au développement des toilettes sèches à terre, et en 1880, en conséquence de « La Grande Puanteur », une loi impose le tout à l’égout à Paris.

Toilettes publiques
La dernière vespasienne de Paris, située boulevard Arago, derrière le mur de la Prison de la Santé.

Les toilettes publiques peuvent être individuelles ou collectives.

À Paris, elles étaient dénommées « vespasiennes », et ne présentaient que des urinoirs. Elles apparaissent en 1834 par la volonté du préfet de la Seine, le comte Claude-Philibert de Rambuteau. Baptisé « colonne vespasienne », en mémoire de l’empereur Vespasien, à qui l’on avait attribué l’établissement d’urinoirs publics, à Rome.

La fin de la gratuité des toilettes publiques parisiennes fut votée par le Conseil de Paris le 28 janvier 1980 : les quatre premières sanisettes payantes furent construites en 1991. La gratuité a été rétablie en 2006.

  •  (sources: wikipédia)

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