Pourquoi je vous parle de tout ça ? Parce que les forces de l’ordre ont déboulé avant-hier dans cette bibliothèque universitaire, que j’ai l’habitude de fréquenter, pour une opérations musclée ; d’après leur version, ils pourchassaient des types qui allaient brûler des poubelles et qui avaient tenté de se réfugier dans la BU ; bien entendu, aucun témoin ne valide cette version, ce qui n’est pas fait pour m’étonner : elle émane quand même de sources qui nous ont déjà affirmé qu’il n’y avait pas de guerre en Algérie et que le nuage de Tchernobyl s’était arrêté à la frontière… Mais qu’importe, le fait est là : la police a pénétré dans une enceinte universitaire et y a fait usage de la force. J’aurais pu être là au moment des faits : une maladresse étant toujours possible, j’aurais pu prendre un coup de matraque mal ajusté voire une balle perdue ! Surtout avec mon look qui me vaut désormais d’être présumé suspect…. Quantité de personnes que je connais et apprécie, étudiants, enseignants-chercheurs ou simples bibliophiles, fréquentent eux aussi avec assiduité ce lieu dédié à la culture et à la recherche et auraient pu aussi prendre un mauvais coup s’ils avaient été au mauvais endroit au mauvais moment ; même sans imaginer le pire, ils auraient pu avoir la peur de leur vie : ce fut le cas des personnels qui se sont dit choqués. Pour ne rien arranger, quand j’ai vent d’événements de cette espèce, je me demande comment je vais pouvoir continuer à expliquer aux gens qu’il faut voter contre l’extrême-droite quand un gouvernement qui s’affirme républicain applique des méthodes dignes de la France de Vichy !
Vous me connaissez : on ne peut pas me soupçonner de sympathie spontanée pour les chefs, quelle que soit leur fonction ou la chapelle à laquelle ils appartiennent. Mais pour toutes les raisons que je viens d’invoquer, je ne peux que soutenir sans réserve le président de l’Université de Bretagne Occidentale, monsieur Matthieu Gallou, qui a exprimé son indignation et a demandé des explications à la sous-préfecture. Oui à l’ordre, mais pas celui-là !
Matthieu Gallou vu par votre serviteur.