L'Insee a scruté les habitudes des Français en matière de consommation de boissons, des années 1960 à nos jours. Revue des grandes tendances.
► Toujours moins de vin
En 1960, les Français consommaient en moyenne 200 litres de boissons alcoolisées par personne et par an, le vin de consommation courante en représentant à lui seul plus de la moitié. Changement de régime en 2018: du fait des politiques publiques de lutte contre la consommation quotidienne d'alcool, la consommation moyenne est tombée à 80 litres par personne et par an. Le vin de consommation courante a payé le prix le plus élevé, et se trouve presque à égalité avec les vins de qualité dans le verre des Français. "L'attraction des Français pour les vins de qualité est passée à 20,7% du budget alcool en 2018", a indiqué l'INSEE dans une étude publiée le vendredi 28 février.
► La bière plutôt que le cidre
En 2018, le cidre est devenu marginal dans la consommation française, au point d'être dépassé par le champagne. En revanche, la consommation de bière a trouvé un second souffle: après avoir diminué depuis les années 80, elle a recommencé à augmenter depuis 2010, "Stimulée notamment par les bières artisanales et les bières aromatisées aux fruits qui ont contribué à diversifier l'offre et à changer l'image de ce produit aux yeux des consommateurs", note l'Insee. La bière est même devenue la boisson préférée lors des apéritifs, devant les spiritueux.
► Moins de café, plus de jus
Parmi les boissons non alcoolisées, la part de l'eau de table, des boissons aromatisées et des sodas a fortement augmenté depuis 1960, atteignant près de 70% du total. Cette augmentation s'est faite au détriment des boissons chaudes et notamment du café, même si la tendance à la baisse s'est inversée depuis 2010.
→ LIRE. 10% des Français boivent plus de la moitié de l'alcool consommé en France
"La canicule de 2003 et la hausse des températures moyennes observées en France pourraient avoir entraîné une augmentation des volumes de boissons rafraîchissantes consommées à domicile", dit l'Insee.
Dans l'adéquation entre boissons chaudes et boissons froides, les ménages aisés ont tendance à privilégier les premiers et les plus modestes, les seconds. Effet revenu, mais aussi effet génération: les jeunes préfèrent les sodas et les jus de fruits et se détournent très nettement du café par rapport à la moyenne.
