Sophie Eustache, Corinne Le Lepvrier | El blâd el medina le pays la ville

Publié le 28 juin 2020 par Angèle Paoli

EL BLÂD EL MEDINA LE PAYS LA VILLE E l blâd el medina le pays la ville elle là-bas temma ech chemsss elle le soleil es smaâ elle le ciel er rîh elle le vent el mââ elle l'eau elle la pluie ech chta elle a soif hia atchana elle la nuit et le jour el lil o n nahar elle petite ss'ghira elle peu chwiya elle trop bezzaf moins qel elle part mchat elle est la route raha et triq elle la langue el lugha elle la parole el kelma elle la réponse peut-être proche ej jawab yemken grib est-elle la clé de la maison raha es sarut dial d dar est-elle la chambre raha el bitt il y a-t-il une femme dans la chambre kayen shi m'ra fi el bitt elle ne sait pas ma' aarfa'ch elle ne comprend pas ma fahma'ch rien walou du tout koulchi quelque chose ou quelqu'un d'autre chihaja oula chiwahad akhor elle dit qalat où vas-tu maintenant fin gadi daba quand quel jour imtha yemtha ce n'est pas maintenant machi daba viens demain aji ghedda pourquoi pas âlach la regarde [cherche] tu écris chûf ktebiti sois la bienvenue marhbabik yallah on y va inch'allah Sophie Eustache, Corinne Le Lepvrier [textes], Corinne Le Lepvrier [photographies] ,
[rudiments maintenant qu'elle parle dans une langue approximativement [darija] c'est être allée là-bas à n'en pas douter il n'est plus nécessaire d'y retourner] [pourvu que ce soit ensemble qu'elle soit parie pourvu qu'elle ait oublié que cela lui revienne] [il y a plus ambigu que les mots] [amour au sens large se dit houb peau jeld cannelle qarfa hajal signifie la perdrix la chapelle le lit nuptial]
Les Allantes, éditions La Renverse, Collection Deux choses lune, Caen, 2019, 70-72.

nos corps
tables rases
ce qu'il en restera une fois
évidés
essorées
nos bouches nos haleines
nos ombres
dépouillé[es] de leurs
frusques
une fois
désossés
énervés
ce qu'il en restera
nos sexes
d'éternels ébréchés
nos yeux
en crue
[...]