D édé Guivarch, le grand-père auquel Cécile Guivarch dédie ces vingt-trois poèmes, aurait eu cent ans au printemps 2020.
Fidèle à son esthétique et à sa thématique familiale, la poète Cécile Guivarch honore le destin particulier de son grand-père, qui a fait Dunkerque, avait les yeux d'un " bleu " de la " transparence d'eau ". Comme beaucoup à l'époque, il élevait des lapins, se souciait de son jardin, avait eu ses " années de mer ".
Cécile Guivarch coule de bien beaux poèmes, huitains, sobres souvenances d'un temps partagé entre les cloches de Pâques et le " bal de Perriers " au quatorze juillet.
Les lieux sont là pour rappeler intensément une relation insigne entre le grand-père et la petite fille. Elle s'est souvenue des meilleurs moments, de son rire, de ses " bottes | une vie entre terre et mer ".
Aussi s'aide-t-elle du poème pour " faire revenir | le sourire dans les yeux ".
L'appréhension du temps s'insinue jusque dans la forme du poème :
grand-père marche vers moime cueillir dans le verger.
Quel plus bel hommage que cette prise en direct dans le vif du poème qui ressuscite l'autre et sa prise !
Cécile Guivarch, dont l'esthétique du bref nous est familière, n'y déroge pas plus ici. Le lyrisme, les envolées, le sentimentalisme rose, elle ne connaît pas. Elle leur préfère cette concision de scènes éclairées par la mémoire, sans apprêts ni flonflons.
Un recueil émouvant, faut-il le préciser.
Philippe Leuckx
pour Terres de femmes
D.R. Texte Philippe Leuckx

