"Chambre noire à Pékin", Pierre-Jean Remy

Publié le 24 juillet 2008 par Caju

Collection Le Livre de Poche, 601 pages, 7€50.

La quatrième de couverture :

Avoir vécu à Pékin une manière de bonheur hors du temps dans une Chine qui n'existe plus, balayée par la révolution culturelle ; y revenir après plus de trente ans, quand on a décrit ce bonheur et cette Chine dans un livre à succès, puis qu'on a sombré dans l'oubli et la médiocrité : tel est le destin du narrateur de cette Chambre noire, imposteur sous la défroque trop grande pour lui de professeur, parmi les étudiants - et les étudiantes ! - de l'Université de Pékin, d'une littérature contemporaine dont il ne sait plus grand-chose.

Balançant entre nostalgie du passé et découverte hallucinée d'une Chine qu'il ne reconnaît plus, c'est avec un appareil photo au poing que le pitoyable héros de cette fuite en avant tente de sauver ce qui peut l'être.

Et si, pourtant, cette Chine en effervescence, qu'un homme épuisé vit et raconte de plus en plus passionnément, lui apportait une forme de rédemption ?

Les 1ères lignes :

Je n'ai pas vu la Grande Muraille. Nous l'avons survolée deux minutes, cinq minutes peut-être, mais je devais être plongé dans mes papiers, les revues, les livres que je rangeais avant l'atterrissage, et personne n'a pensé à me suggérer de regarder par la fenêtre. Merci quand même ! J'avais quitté Paris la veille à trois heures et demie de l'après-midi, il était sept heure et demie du matin, heure locale, nous arrivions à Pékin. Dés le départ, Jacques avait bien fait les choses. Au comptoir d'enregistrement, on m'avait prévenu que j'allais bénéficier d'un surclassement. première classe rien que ça ! Du coup, une bonne partie de la nuit, parfaitement étendu, presque dans mon plumard, j'ai presque bien dormi.

Mon avis :

Une découverte d'une ville qui change chaque jour, qui évolue à une vitesse hallucinante, qui se transforme sans arrêt.

Un parallèle entre la même ville à trente ans d'intervalle.

Un homme paumé, presque raté, qui revient au bout de trente ans, comme un intrus, dans une ville qu'il ne connaît plus.

Une découverte de la ville, des ses secrets, des ses ruelles cachées.

Un livre que j'ai lu avec beaucoup d'émotion, retrouvant des lieux que j'avais visités, pensant aux datongs dans lesquels je m'étais promenée et qui n'existe peut-être plus aujourd'hui, moins de deux ans après.

Un livre qui m'a vraiment fait voyager et qui m'a profondément émue.

Un livre que je vous recommande chaudement.