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Carillons, lapins et chocolats…

Publié le 04 avril 2021 par Ivanoff @ivanoff

Y’ comme un voile sur les jours de liesse, tel un lin élégamment froissé par les années… Mes yeux se posent ici mais c’est bien plus loin qu’ils regardent là où une ribambelle de gamins galopent dans mes jardins d’Hier et d’Aujourd’hui à la recherche des œufs opportunément tombés du ciel après que les beffrois vibrent à nouveau au son des bronzes…

Profiter de l’Instant Présent ?… C’est un exercice que la souplesse de la jeunesse permet aisément, quand tout semble encore dû et permanent, tandis que l’arthrose me rend chaque jour plus compliqué les torsions spatio-temporelles, d’autant que derrière moi s’étend un horizon bien plus vaste que celui qui se tient devant moi…

Les cris de joie de mes petits-enfants, la course effrénée entre deux bosquets où les chocolats sont cachés, les paniers en osiers remplis de lapins enrubannés et de bonbons colorés font écho à ceux dont ma mémoire résonne encore, les tendres chahuts se dédoublent en parenthèses nostalgiques, ils sont tous là, ceux qui accompagnèrent mon enfance choyée, celui qui avec moi fit un grand bout de chemin et les deux enfants qui à leur tour me tiennent la main et façonnent la mémoire de leurs bambins qui plus tard, comme moi, s’étonneront que le temps ait passé si vite et chausseront ces lunettes à double ou triple foyers qui nous emmènent remonter le temps…

La joie d’aujourd’hui ne peut ressembler à celle d’hier, trop d’absents, trop de désillusions, se satisfaire, quoiqu’il arrive, de la vie qui nous est donnée ne signifie pas en supprimer ce qui nous l’a rendue si précieuse, les chagrins et les douleurs servent à nous rendre simplement plus lucides, et donc heureux d’un rien, mais heureux différemment…

De vie je ne voudrais point d’autre que la mienne, même et surtout pas sans les cicatrices dont elle m’a scarifiée, car je lui dois d’être ce que je suis aujourd’hui, que je préfère à celle qui ne connaissait pas la valeur du bonheur, mais qui aujourd’hui a la chance de pouvoir sourire aux éclats de rire de ses petits-enfants, de se rassurer en voyant heureux ses gamins qui à leur tour couvent des yeux leur nichée et témoignent sans compter leur amour et leur tendresse. La roue tourne sans jamais s’arrêter et apporte l’eau au moulin, dans le ruisseau filent tous les ravissements qu’un vie propose, à nous d’être adroits à manier l’épuisette, il y en aura assez pour en jouir jusqu’à notre dernier soupir. Ne compte vraiment que l’usage optimiste et constructif qu’on fait de son vécu.

A mes enfants, petit-enfants, à MA vie, telle qu’elle est, même si c’est à ce prix…


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