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Les Années 1930 - la crise.

Publié le 29 juillet 2021 par Perceval

Les Années 1930 - la crise.

A son retour d'Allemagne avec Lancelot, Elaine apprend que son mari, demande le divorce. Un divorce pour faute : adultère de l'épouse... Le courrier de justice, relayé par un cabinet d'avocats, a pour Elaine la violence d'un coup, auquel elle ne s'attendait pas en ce retour, de voyage si agréable et tellement passionnant...

Elle reçoit ensuite une lettre de celui qui se dit blessé de n'avoir pas été respecté dans un contrat moral de séparation, où son épouse ne devait pas s'afficher avec une liaison, semant ainsi le scandale et salissant son nom...

Elaine se rend compte très vite que toutes ses connaissance sont bien pl

us informées qu'elle ne l'imaginait. Elle apprend incidemment que son mari, se satisfait de cette séparation qu'il précipite, ne pouvant plus supporter ce lien marital avec ''une juive''... En effet - Lancelot l'ignorait - la mère d'Elaine était de sang juif avant de se convertir.... Cette nouvelle va entraîner chez Lancelot, une sensibilité pour une question, qui jusqu'à présent ne le concernait que d'assez loin...

Si ce divorce apporte beaucoup de trouble pour Elaine, Lancelot s'en satisferait, il permettrait de faire disparaître le spectre de ce mariage, qui ne cesse de tourmenter la relation avec sa maîtresse. Cependant, Lancelot reconnaît ne pas être, pour autant, tenté par le mariage, et encore moins par la paternité.

De son côté, des ennuis financiers s'annoncent avec une crise économique, à laquelle la France échappait jusqu'à présent... Le lundi 28 octobre 1929, jour de l'effondrement des marchés d'actions à Wall Street ; fut suivi en Autriche de la faillite de la Kreditanstalt le 11 mai 1931 ; puis de la dévaluation de la livre sterling en 1931, et se répercute en France...

L'avertissement de 1926, avait été surmonté ; et la France apparaissait comme un îlot de prospérité dans le monde. Notre pays essentiellement agricole, pouvait compter sur ses petites entreprises familiales. Une grosse partie de la fortune d'Anne-Laure de Sallembier, est impliquée dans ce type d'entreprises, textiles, qui répugnent au crédit bancaire et investissent peu ; aussi même sans la crise financière, elles étaient peu capables d'affronter la concurrence internationale, donc d'exporter.

Les Années 1930 - la crise.
L'Humanité du 10 décembre 1932

Dès 1930, les ventes sont devenues difficiles, la concurrence plus acharnée, les marges bénéficiaires plus maigres. Avec la crise, les exportation s'effondrent, la production baisse. Les colonies permettent de vendre le coton ; la soie s'effondre au profit de la rayonne.

L'industrie textile emploie un nombre important d'ouvriers, et la crise oblige à licencier... puis, à fermer.

Le remplacement de l'hôtel particulier familial, en un immeuble fut d'un bon rapport, investi dans l'immobilier. L'appartement avenue Victor-Hugo, permet à Anne-Laure de Sallembier de venir régulièrement, pour de courtes périodes, accompagnée de son fidèle chauffeur, jusqu'au décès de Painlevé ( mort le 29 octobre 1933 ). Les services du chauffeur sont indispensables, pour l'entretien de la voiture , et même pendant le trajet ; les pannes ( moteur, pneus...) sont fréquentes.

Le chauffage central, l'existence d'une salle de bains marquent les progrès de la vie quotidienne, à Paris.

Les Années 1930 - la crise.

Le courant électrique ne vient d'arriver à Fléchigné, que depuis deux ans. Anne-Laure connaît certains hobereaux qui s'opposent à l'électrification parce qu'elle permettrait aux paysans de festoyer jusqu'à des heures indues...

Le soir où nous avons pu, dans la cuisine au-dessus de la grande table, allumer la lampe couronnée de son abat-jour, la pièce nous parut bien plus grande, et chacun se sentait surveillé, où qu'il se trouvait... Il n'était plus nécessaire de venir chercher le cercle de lumière de la lampe à pétrole...

L'adduction d'eau jusqu'à l'intérieur par un robinet dans plusieurs pièces, suivit d'une année. Cette facilité était déjà présente en ville, ou dans les hôtels qui indiquaient ''l'eau courante à tous les étages''...

A Paris, nous avions le téléphone automatique, c'est à dire qu'il disposait d'un combiné à cadran. Autre machine très populaire, n'en déplaise à Paul Léautaud, la TSF ; l'abbé Mugnier ne tarit pas d'éloges la télégraphie sans fil, qui lui a permis d'écouter chez Paul Valéry, un concert retransmis : " ces voix lointaines qu'on dirait dans la chambre voisine. Ce jeu des ondes est de la pure féerie réalisée, du merveilleux, du génie "


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