
LA TRAGEDIE EFFACÉE. – En revenant à la Maison bleue avec le Friendly Dog, j’ai passé par le quai aux Fleurs et remarqué en passant les derniers signes de la tragédie de ce matin, des agents en uniforme toujours en faction et des nettoyeuses mécaniques en pleine ronde, même une équipe de filmeurs en train d’interviewer la coiffeuse du coin témoignant probablement de ce que lui auront dit des voisins plus directs ou des voisines de voisins ; je n’ai pu qu’imaginer le cirque matinal autour des tentes blanches, le «ballet » des voitures de police et autres corbillards, après quoi j’ai pris sur mon i-Mac quelques nouvelles sur le drame où tous y allaient de leurs interrogations sans réponses ; et ce soir on en apprenait un peu plus quoique rien de sûr : que l’homme était replié sur lui-même et avait remplacé ses culottes courtes portées tout l’hiver par des jeans, qu’une inscription peut-être significative avait été remarquée sur la porte de l’ «appartement fatal» avec, dans un cœur, « Jesus is the reason for the season», bref tout ce que j’ai toujours vomi qui relève de la «rumeur», m’a fait décrocher et passer à tout autre chose, non sans penser très fort au gosse qui, s’il survit, devra vivre « avec ça »…
LE PRÉSIDENT ET SON CLONE. – Enfin j’ai retrouvé, ce soir, ce mélange de bonne vie et d’horreur en regardant, sur ARTE, le premier épisode de Serviteur du peuple, la fameuse série télé qui a valu à Volodimir Zelensky sa première notoriété nationale au titre d’acteur – formidable comédien que je découvrais – jouant en somme son propre rôle futur puisqu’il s’agit là, en version ukrainienne, d’une variation sur le thème traité par les Designated survivor américain et coréen, à cela près que le président sorti de nulle part est désigné ici selon les codes ordinaires de l’élection démocratique alors que c’est à la suite d’attentats terroristes décapitant leurs gouvernements respectifs que les protagonistes de Designated survivor se retrouvent au pouvoir. En outre le ton est ici tout différent, plus léger et rappelant plutôt la comédie sociale à l’italienne, avec une veine satirique réjouissante qui m’a fait rire aux éclats avant qu’une tristesse imprévue ne me saisisse à la pensée, là encore, de ce qui se joue «en réalité» en ce moment même, etc.
