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Le Billet Amer #16

Publié le 13 avril 2015 par Observatoiredumensonge

Ce qui ne veut pas dire que nous approuvons.

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   Le Billet Amer #16 

Par L’Aigre Doux

L’incroyable décision de la RATP d’interdire la mention concernant le soutien aux chrétiens d’Orient, venant après les délires laïcards déclenchés par la présence des crèches de Noel dans les lieux publics, remettent au goût du jour les obsessions de début du XX° siècle du petit père Combes, initiateur de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat. Fondée dans son principe, elle donna lieu à des débordements indignes que n’est pas loin de rappeler le climat hystérique et partisan d’aujourd’hui. L’indignation populaire a finalement conduit les politiques de tous bords à s’élever contre cette censure, contraignant les doctrinaires de la direction des transports parisiens à accomplir une pitoyable marche arrière.

La Mairie socialiste de Paris souhaite sur ses panneaux publicitaires lumineux un « Bon ramadan » aux administrés de la capitale sans que ce message à caractère religieux affirmé dérange les sourcilleuses associations laïques. Mme Taubira annonce une intensification de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme mais pas contre l’islamisme pour combattre le terrorisme. Une demande officielle est formulée auprès des collectivités par les organisations musulmanes pour doubler en 2 ans le nombre de lieux de culte en France par l’octroi de terrains et de subventions, contraires à la fameuse loi Combes. Mais les édiles complices, pour s’attacher les faveurs d’un électorat communautaire, n’hésitent pas à trouver des arrangements permettant de la contourner. Les tribunaux sanctionnent les délits islamophobes et antisémites mais pas la christianophobie qui n’existe pas dans nos lois pénales.

Et que dire de cet accablant silence de la communauté mondiale sur l’épouvantable massacre des 150 étudiants kényans dans leur université ? Leur confession chrétienne leur interdirait-elle la compassion internationale si prompte à se mobiliser en d’autres circonstances ? Seul le cri d’indignation du Pape François a commencé à émouvoir la bonne conscience de nos élites.

Jamais le déni d’une réalité qui s’inscrit chaque jour un peu plus dans le contexte national et international n’aura autant été partagé par les responsables politiques. Les revers électoraux enregistrés au cours des derniers scrutins sont de nul effet dans l’appréciation des causes réelles de cette désaffection des électeurs pour les partis dits de gouvernement. Les uns et les autres ont préféré mettre en avant le chômage et le pouvoir d’achat, certes réels, pour expliquer le rejet des citoyens, mais très insuffisants pour cerner les racines profondes du mal français.

La détestation de soi, de ses origines, de ses racines, de sa culture, de son Histoire, annonce le sombre avenir des fins de civilisation. Seule la réaction populaire peut changer le cours des choses. La ferveur exceptionnelle cette année de la célébration des fêtes pascales en France et dans le monde en est peut-être le premier signe.

(NDLR : la RATP a reculé face à la pression populaire et l’affiche originale sera apposée à nouveau).

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On croirait revivre l’affaire Bérégovoy. Comme l’ancien premier ministre socialiste, le sénateur et ancien maire de Tours, Jean Germain, a mis fin à ses jours pour éviter le déshonneur d’un procès dont il était, notoriété oblige, l’accusé central.

Déjà sanctionné par ses électeurs, qui ne l’ont pas reconduit à la tête d’une municipalité qu’il gérait depuis près de 20 ans, il subissait depuis des mois la double peine d’une publicité médiatique permanente mettant en scène ses déboires judiciaires et les dérèglements de sa vie privée, les deux étant, si l’on ose dire, intimement liés.

Depuis l’affaire Salengro, ministre de l’intérieur socialiste qui mit fin à ses jours en 1936, suite à une campagne de presse particulièrement violente, l’accusant de désertion devant l’ennemi pendant la Grande Guerre, ces drames humains remuent les consciences, bonnes ou mauvaises. De nos jours, l’effarante porosité entre le monde judiciaire et celui de l’information permet d’avoir presqu’en direct la teneur des procès-verbaux dans les médias traditionnels et sur les réseaux sociaux. Depuis la révélation de l’existence du Mur des Cons dans les locaux du Syndicat de la Magistrature, la nécessaire refondation d’une véritable éthique de cette profession, si indispensable au bon équilibre de notre société, n’entre pas dans les priorités de Mme Taubira qui a bien d’autres chats à fouetter.

Il est vrai que l’homme politique reste une proie d’exception à jeter en pâture aux chiens comme disait Mitterrand à propos de Bérégovoy. Qui ira plaindre les Copé, Sarkozy, DSK, Tapie, Guérini, Cahuzac et autrefois Juppé, Léotard ou Emmanuelli, empêtrés dans les lourds filets des procédures pénales, surtout s’ils ne se suicident pas ? L’émotion ou la compassion, feinte ou réelles, ne se manifestent que dans ces circonstances tragiques.

Dans aucun autre secteur d’activité, on ne rencontre une telle virulence de la critique, une telle violence du commentaire, un tel mépris de la personne, une telle violation permanente de tous les critères régissant la vie sociale d’une population. Tout cela, sous les acclamations du bon peuple qui, c’est bien connu, est follement excité par cette proximité de la Roche Tarpéienne ensanglantée si près des fastes du Capitole.

Une cruelle réalité qui rend d’autant plus incompréhensible l’engouement fortement masochiste des élites pour cet univers en permanence si spécifiquement galvaudé, si méchamment ridiculisé, paradoxe qui plonge depuis la nuit des temps ses racines torturées dans les profondeurs insondables de la nature humaine.

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La voilà venue la véritable heure de vérité pour Marine Le Pen : celle où il lui faut tuer le père ou disparaitre. Grand classique, sauf qu’exceptionnellement il s’agit aussi en l’occurrence du géniteur physiologique ajoutant un aspect affectif non négligeable à cette phase rituelle des luttes de pouvoir. La qualité de dauphin, quel que soit le régime, reste une situation périlleuse. Dès que désigné par le dirigeant dominant, l’heureux élu est en danger de mort, physique en dictature, politique en démocratie. Par définition, le Chef se méfie de tout et de tous et surtout de celui qui lui prend le pouls tous les matins en lui serrant la main, le successeur désigné. S’instaure alors un petit jeu pervers, « je t’aime, moi non plus», aux conséquences souvent dramatiques qui se termine rarement par une passation de flambeau en bonne et due forme entre l’ancien et le nouveau.

L’issue de ce psychodrame a été retardée au Front National par les liens familiaux entre le fondateur du FN et sa fille chérie. La présidence d’honneur du mouvement ne pouvait cependant suffire à faire taire celui qui avait sans ménagement éliminé son précédent bras droit Bruno Mégret qui prônait la même ligne de dédiabolisation du Front National pour en faire un parti de gouvernement.

Dès la prise de pouvoir de Marine, le scénario était écrit, l’issue en était certaine, Jean-Marie Le Pen n’ayant existé politiquement que pour combattre un système auquel il ne voulait apporter aucune caution, surtout pas à travers les victoires électorales de son parti. Son désarroi d’être malgré lui instrumentalisé dans le jeu démocratique par sa qualification au second tour de l’élection présidentielle en 2002 était bien réel. On imagine la réprobation qui devait être la sienne et son ressentiment en voyant sa fille engranger les succès électoraux à partir d’une trajectoire totalement opposée à celle qui fut la sienne pendant un demi-siècle. D’où le mobile du « crime »…

Le Front National sortira- t- il indemne de cette rupture politico-familiale ? Le vieux tribun conserve encore une garde rapprochée de fidèles incarnée par Bruno Gollnisch tout heureux sans doute de prouver à Le Pen qu’il a eu tort de lui préférer sa fille, lui qui fut aussi un temps le dauphin pressenti. Mais quel est leurs poids électoral ?

La nouvelle génération incarnée par Alliot, Philippot , Marion Maréchal-Le Pen et les jeunes Maires récemment élus a le vent en poupe. Débarrassée de la pesanteur du passé, elle pourra désormais œuvrer sans entrave à l’indispensable aggiornamento d’un courant politique, représentant dans les urnes plus d’un quart de la population française.

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Il va falloir faire avec…au moins jusqu’en 2017.

A l’occasion de l’adoption par le gouvernement des modifications de la loi organique, l’avis majoritaire du Congrès de la Nouvelle-Calédonie refusant les dispositions trop favorables aux indépendantistes – composition des commissions électorales, détermination des conditions d’accès à la liste des électeurs appelés à voter pour le référendum d’autodétermination- ont été très « démocratiquement » ignorées par le pouvoir socialiste. L’apartheid électoral dont sont victimes des dizaines de milliers de Calédoniens va donc encore s’amplifier.

Plus que jamais les débats qui se tiendront, au Sénat d’abord puis à l’Assemblée Nationale dans la deuxième quinzaine du mois de juin, mettront au grand jour la partialité de la majorité socialiste, sortie désormais définitivement de ce rôle d’arbitre que l’Etat, de droite ou de gauche, prétendait tenir à travers ce fameux consensus des signataires des Accords, nécessaire pour toute option majeure. Une règle réputée inviolable qui a permis depuis l’origine de refuser toute modification de l’injuste et intolérable clé de répartition entre les trois provinces, mais allégrement transgressée dès lors que les réformes proposées vont dans le sens des revendications indépendantistes.

Les plus de 10.000 personnes qui ont défilé dans les rues de Nouméa lors de la visite de François Hollande sous la bannière « Restons Français » sont de peu de poids pour ce gouvernement ayant superbement méprisé les millions de manifestants opposés aux lois sociétales dans toutes les grandes villes métropolitaines.

Le combat contre cette négation de la majorité de la population doit désormais s’organiser. A Paris d’abord, où tous les relais parlementaires seront activés pour dénoncer avec force cette véritable agression contre la représentation légitime de la Nouvelle-Calédonie. Sur place ensuite où les citoyens loyalistes, au-delà des divisions de leurs partis censés les représenter, doivent se tenir prêts à manifester avec force leur refus des manœuvres gouvernementales. Reste, et ce n’est pas la moindre opportunité, la saisine de toutes les organisations nationales, juridictions administratives ou judiciaires, et internationales, instances européennes ou mondiales, pour dénoncer ces atteintes répétées aux droits essentiels des citoyens, inacceptables dans toute démocratie qui se respecte.

En attendant, voir plus haut, 2017 !

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Après Jean-Paul II et son engagement en faveur de la liberté des peuples soviétisés, une nouvelle grande voix s’élève depuis le Vatican. Le pape François, au nom de la Chrétienté toute entière, s’indigne d’un silence qui confine à la lâcheté, sinon à la complicité, devant les massacres des Chrétiens d’Orient. Il n’hésite pas par ailleurs à rétablir une vérité historique que seules les subtiles et tortueuses raisons d’Etat empêchent la plupart des Nations de reconnaitre : celle du génocide du peuple arménien par la Turquie pendant la Première Guerre Mondiale.

Pendant ce temps le pouvoir socialiste, après la repentance en pointillé de François Hollande lors de son voyage officiel en Algérie en 2012, va à nouveau faire son mea culpa dans cette ancienne province française pour la commémoration du 70° anniversaire des événements de Sétif, afin d’honorer la mémoire des victimes algériennes. Pas un mot sur les centaines de civils français, assassinés quelques jours auparavant dans cette même ville par les nationalistes algériens, ce qui provoqua cette répression, conduite par l’armée française. Rien non plus, alors que tout le monde à droite ou à gauche s’approprie indûment l’héritage gaullien, sur celui qui, à la Libération, dirigeait notre pays et ordonna ces représailles. Silence honteux enfin sur les milliers de pieds –noirs et les quelque cent mille harkis, ces soldats de la France, massacrés au lendemain de l’indépendance, abandonnés par la Nation pour laquelle ils s’étaient battus. Il y a les bons et les mauvais martyrs, ceux qui ont droit aux hommages officiels et les autres que l’on préfère oublier.

Le cynisme qui se cache derrière cette raison d’Etat mise à toutes les sauces, fluctuante en fonction des contextes et de ceux qui l’utilisent comme paravent, n’est sans doute pas étranger au rejet populaire tel qu’il se manifeste à longueur de scrutins. Qui peut aujourd’hui encore croire en la sincérité d’un « conducteur de peuple » quand l’Histoire nous enseigne de tels manquements à la parole donnée, de telles négations de la vérité que tant d’innocents ont payé de leur vie ?

La France s’était vue reconnaitre dans le passé, par la communauté internationale, le beau titre de défenseurs des Chrétiens d’Orient. Que reste-t-il de nos jours de cette mission éclairée, alors que des milliers d’entre eux subissent la folie meurtrière des islamistes ?

« Ne pas prendre parti dans un conflit étranger »ainsi que le pensait l’ahuri de la RATP qui a interdit les affiches du métro ? Mettre sur un même pied les victimes et les bourreaux pour préserver égoïstement dans nos territoires le « vivre ensemble », avec le pitoyable résultat que l’on connait? Ici, comme toujours dans l’histoire humaine, la peur n’éloigne pas le danger. Au contraire, elle l’attire comme un aimant…

 L’Aigre Doux


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*** Attention ce texte est une TRIBUNE LIBRE qui n’engage que son auteur ***

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