Un coup de gueule d'Alexandre Voisard. Retour à Marcel Aymé. Un grand auteur snobé à redécouvrir fissa...À La Désirade, ce lundi 13 juillet. – L’agréable fraîcheur de ce matin, sur les hauts gazons, contraste avec la touffeur d’en bas, hier soir, dont je suis remonté pour me baigner les pieds à l’eau froide salée aux cristaux de la mer Morte, en lisant un fragment de carnets d’Alexandre Voisard qui recoupe en somme ma réflexion de ces jours sur les errances pompeuses de la Poësie poétique et de ses sectateurs divers: « Je ne supporte pas qu’on me convoque au nom de la poésie, comme on appelle les citoyens au nom de la Patrie. Je ne digère plus qu’on qu’on m’envoie « des sentiments fraternels en Poésie ». Ces impudeurs me dégoûtent. Que ces messieurs-dames d’abord se mettent au travail et qu’ils écrivent ce qu’ils ont à dire sans se contraindre à coller une étiquette sur leurs fioles. Qu’ils écrivent ! »Ces mots me requinquent comme de poursuivre, à présent, la lecture des 1353 pages des Nouvelles complètes de Marcel Aymé, parallèlement à celle du Confort intellectuel du même auteur aux yeux apparemment clos (mais voyant tellement plus large et profond que tout un chacun), fort connu de son vivant et même célébré en 1949 où l’essai parut (un an avant le triomphe de Clérambard à la Comédie des Champs-Elysées) mais longtemps snobé par les élites littéraires « à la coule » le taxant de réactionnaire sans l’avoir lu, limite « facho » n’est-ce pas (n’avait-il pas rendu visite à l’affreux Céline au Danemark, en 1951) alors que ses nouvelles expriment sa détestation de toutes les idéologies de droite autant que de gauche, sans parler des romans, comme Uranus, qui sondent la vilenie idéologico-politique de l’époque, à large base de délation et de fausse vertu; mais ce même Marcel Aymé, auquel nous avons emprunté le titre d’une de ses nouvelles (Le Passe-Muraille) pour le journal littéraire que nous avons animé vingt ans durant (et qui reste disponible en format numérique), ce même parangon d’indépendance intellectuelle et de liberté verbale (sa prodigieuse faconde à double souche paysanne et parigote) est par trop oublié de nos jours et je me fais un devoir d’aider à y surseoir…PREMIER INVENTAIRE. - C’est dans le métro parisien, à l’été de 1974, que mon ami Pierre Gripari, sursautant en apprenant que je ne connaissais ni Brûlebois ni Maison basse , la double crème des crèmes du Marcel des champs et de son double citadin, m’a fait sur un calepin une première liste des romans de Marcel Aymé que je devais lire illico presto pour mon agrément et le salut de mon âme, à savoir Le Moulin de la sourdine (roman jurassien au tréfonds troublant voire déchirant), Travelingue (un plan-séquence mémorable côté cinéma avec son ouverture pantelante), La Vouivre (retour à la magie tellurique des contes anciens) et Le Vaurien - tu m’en diras des nouvelles…À propos ds nouvelles, la quatrième de l’intégrale, intitulée Retraite de Russie, est une défense des roux et un coup de pied où je pense à ceux qui se vantent de pisser le plus haut - revigorant !
Magazine Nouvelles
De si bonnes nouvelles
Publié le 13 juillet 2026 par Jlk
Un coup de gueule d'Alexandre Voisard. Retour à Marcel Aymé. Un grand auteur snobé à redécouvrir fissa...À La Désirade, ce lundi 13 juillet. – L’agréable fraîcheur de ce matin, sur les hauts gazons, contraste avec la touffeur d’en bas, hier soir, dont je suis remonté pour me baigner les pieds à l’eau froide salée aux cristaux de la mer Morte, en lisant un fragment de carnets d’Alexandre Voisard qui recoupe en somme ma réflexion de ces jours sur les errances pompeuses de la Poësie poétique et de ses sectateurs divers: « Je ne supporte pas qu’on me convoque au nom de la poésie, comme on appelle les citoyens au nom de la Patrie. Je ne digère plus qu’on qu’on m’envoie « des sentiments fraternels en Poésie ». Ces impudeurs me dégoûtent. Que ces messieurs-dames d’abord se mettent au travail et qu’ils écrivent ce qu’ils ont à dire sans se contraindre à coller une étiquette sur leurs fioles. Qu’ils écrivent ! »Ces mots me requinquent comme de poursuivre, à présent, la lecture des 1353 pages des Nouvelles complètes de Marcel Aymé, parallèlement à celle du Confort intellectuel du même auteur aux yeux apparemment clos (mais voyant tellement plus large et profond que tout un chacun), fort connu de son vivant et même célébré en 1949 où l’essai parut (un an avant le triomphe de Clérambard à la Comédie des Champs-Elysées) mais longtemps snobé par les élites littéraires « à la coule » le taxant de réactionnaire sans l’avoir lu, limite « facho » n’est-ce pas (n’avait-il pas rendu visite à l’affreux Céline au Danemark, en 1951) alors que ses nouvelles expriment sa détestation de toutes les idéologies de droite autant que de gauche, sans parler des romans, comme Uranus, qui sondent la vilenie idéologico-politique de l’époque, à large base de délation et de fausse vertu; mais ce même Marcel Aymé, auquel nous avons emprunté le titre d’une de ses nouvelles (Le Passe-Muraille) pour le journal littéraire que nous avons animé vingt ans durant (et qui reste disponible en format numérique), ce même parangon d’indépendance intellectuelle et de liberté verbale (sa prodigieuse faconde à double souche paysanne et parigote) est par trop oublié de nos jours et je me fais un devoir d’aider à y surseoir…PREMIER INVENTAIRE. - C’est dans le métro parisien, à l’été de 1974, que mon ami Pierre Gripari, sursautant en apprenant que je ne connaissais ni Brûlebois ni Maison basse , la double crème des crèmes du Marcel des champs et de son double citadin, m’a fait sur un calepin une première liste des romans de Marcel Aymé que je devais lire illico presto pour mon agrément et le salut de mon âme, à savoir Le Moulin de la sourdine (roman jurassien au tréfonds troublant voire déchirant), Travelingue (un plan-séquence mémorable côté cinéma avec son ouverture pantelante), La Vouivre (retour à la magie tellurique des contes anciens) et Le Vaurien - tu m’en diras des nouvelles…À propos ds nouvelles, la quatrième de l’intégrale, intitulée Retraite de Russie, est une défense des roux et un coup de pied où je pense à ceux qui se vantent de pisser le plus haut - revigorant !
