Magazine Journal intime

Accepter la critique…

Publié le 22 août 2013 par Gborjay

… pour progresser. Tel est l’un des objectifs de tout écrivain sérieux. A l’heure où Michel Houellebecq s’est vu retirer son prix Goncourt pour cause de dopage, et à l’heure où J. K. Rowling n’a plus les idées claires quant à sa véritable identité, il est temps de se recentrer sur l’essentiel : les avis critiques.

L’idée, c’est d’abord de faire le tri parmi ce que l’on vous dit, de faire abstraction des compliments hypocrites (« On reconnaît bien votre style. » ; « C’est très original. » ; « Il y a un vrai sens de la phrase. ») pour en arriver après le fameux « mais peut-être, en cherchant bien, pourriez-vous améliorer… ». Car c’est là que se trouveront les remarques qui pourront vous faire avancer.

« Utilisez l’humour, donnez un dynamisme supplémentaire à votre héros, supprimez les redondances qui font la moitié de certains de vos chapitres, approfondissez vos personnages », et cætera. Toutes ces critiques font mal à votre ego blessé de poète maudit – mais néanmoins disposé à rencontrer un succès rémunérateur –, cependant leur écoute pourra vous être profitable.

Bien sûr, cela nécessite de revenir sur ces innombrables pages que vous avez écrites, à l'occasion de longues phases de relecture et de réécriture. Encore. Et encore. Et encore. Mais elles vous feront prendre conscience des domaines que vous avez négligés, des fautes de goût, de rythme, de style ou de construction que vous avez faites.

Comme lorsque vous osez vraiment vous regarder dans le miroir, laissez donc votre si sollicité ego de côté, et comme lorsque vous jouez au poker, ne prenez pas en considération ce que vous avez déjà investi afin de ne pas hésiter à revenir en arrière. Bref, acceptez les critiques.

Et, alors que vous vous arrêterez d’écrire en comprenant que ledites critiques éliminent par leur seule profusion toute hypothèse de talent littéraire en vous, vous penserez avec affection à Gustave Borjay et aux autres génies des lettres qui, eux, en dépit de leur talent inouï, s’acharnent encore à progresser sur leurs points « faibles »1.

Toujours plus haut, toujours plus fort,

Gustave Borjay vous salue.

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A la fin, il ne restera que les meilleurs.


   

1. Les spécialistes rechignent à l'emploi de ce terme, penchant davantage pour un mot voulant désigner un élément perfectible au regard du degré de perfection d'autres éléments, mot n'ayant malheureusement pas d'existence dans le Littré de 1889.


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