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Incendies et inondations.

Publié le 12 février 2014 par Rolandbosquet

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   Il est des pays qui vivent à contretemps du reste du monde. Les côtes françaises subissent leurs ombrageuses et habituelles tempêtes d’hiver. Des vagues de froid paralysent le nord-est des États-Unis. Il neige sur Beyrouth et sur Jérusalem. Et pendant que le monde est désorganisé face à cette offensive de  vent, de froidure et de pluie, l’Australie lutte contre la canicule et d’immenses incendies  ravagent le pays. Pourquoi, demanderont bientôt les habitants du monde à leurs dirigeants ? Pourquoi ne vous êtes-vous pas mieux organisés ? Pourquoi les inondations d’ici n’éteignent-elles pas les incendies de là-bas ? Pourquoi les canicules qui embrasent le bush ne réchauffent-elles pas les avenues de New-York ? Notre époque a vu les Américains marcher sur la lune, les Russes tournicoter autour de la Terre et les Chinois déposer leur robot dans la poussière qui habille si bien notre belle Séléné. Mais vous êtes toujours incapables d’éviter à notre planète ces terribles catastrophes qui détruisent nos forêts, nos maisons et les parterres de fleurs qui les entourent ! Jean-Paul Delevoye, ancien médiateur de la République et président du Conseil Économique et Social et Environnemental parle d’individualismes exacerbés par la crise, de repliement sur soi. Face à l’adversité, au lieu d’unir leurs forces, les peuples perdraient le sens du partage. Ils suivent les recommandations du vieux dicton qui dit que la main gauche doit ignorer ce que fait la main droite ! En réalité, peut-être ne faut-il pas accuser nos Grands Planificateurs trop vite. Car non seulement le cerveau répugne généralement à utiliser les deux mains avec la même dextérité mais il s’emploie, en plus, à brouiller les cartes. L’hémisphère droit guide la main gauche. L’hémisphère gauche guide la main droite. Les représentations partisanes qui soutiennent nos débats de société offrent certes des images moins dérangeantes. C’est qu’il convient de ne pas bousculer les codes en place depuis si longtemps. La littérature, l’habitude et les cartes postales mettent le cœur à gauche. Il serait bien mal pensant de laisser croire que c’est la droite qui l’irrigue. La générosité, l’intelligence et le sens de l’équité s’écouleraient naturellement de la gauche, le siège du cœur ? Peut-être. Mais c’est la main droite qui l’approvisionne. D’ailleurs, l’anatomie est formelle. Le cœur serait au centre et n’aurait que faire des droitiers et des gauchers comme des  ambidextres. L’habileté de ces derniers à donner des deux mains relève d’ailleurs plus d’une bonne synchronisation  que de la taille de leur cœur. Au reste, le vrai maître de l’affaire demeure le cerveau. On a dit récemment du plus haut responsable de l’État qu’il avait décidé d’actionner le côté droit de son cerveau, celui d’HEC, en lieu et place du gauche, celui de l’ENA, qui fonctionnait jusqu’alors. Je suis persuadé que ceux qui ont déposé leur fève dans l’urne pour le faire roi souhaiteraient qu’il en utilisât la totalité. Quoi qu’il en soit, les incendies et les inondations ne sont que deux des nombreuses manifestations de la violence de la nature. L’homme n’y a probablement que fort peu de place sinon comme victime. Alors, comment voulez-vous, dans de telles conditions, que le monde tourne rond si, en plus, chaque hémisphère n’en fait qu’à sa tête ?

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