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Philippe Jaroussky revient vers Vivaldi

Publié le 20 décembre 2014 par Rolandbosquet

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     L’actualité nous a abreuvés cette semaine d’un peu de tout mais surtout de beaucoup de rien. Michel Onfray n’a toujours rien publié depuis de trois mois malgré l’impatience de ses lecteurs. Marc Levy n’a toujours rien écrit dans le domaine de la littérature. Et Philippe Sollers reste toujours aussi discret au sujet du plan marketing qui accompagnera la sortie de son prochain opus.  C’est assez dire à quel point on pourrait s’ennuyer aujourd’hui dans les campagnes. Or l’air y est de plus en plus frais et humide à cause de l’hiver qui s’installe et le jardinier est de ce fait de moins en moins enclin à jardiner. Il ne lui reste que deux possibilités. Soit "faire du bois", comme on dit, c’est-à-dire, couper des bûches pour alimenter sa cheminée. Soit écouter de la musique confortablement installé dans son fauteuil préféré et reposer ainsi ses reins endoloris. Étant d’une nature téméraire, le vieux bougon a choisi d’embrasser l’ensemble à bras le corps mais l’un après l’autre. C’est ainsi que la voix de Philippe Jaroussky envahit une fois de plus ma modeste chaumine. Il revient en effet vers Vivaldi et explore son célèbre "Stabat Mater dolorosa" de belle manière. J’ai lu ici ou là que son tempo y serait plus rapide que celui de ses prédécesseurs, notamment Andréas Scholl, et que sa voix commencerait à subir l’outrage des années. En réalité, Philippe Jaroussky a toujours montré un soin particulier à offrir une version personnelle des œuvres qu’il interprète sans pour autant dénaturer les intentions du compositeur. J’avoue l’apprécier sans réserve dans l’expression de ce sublime chant d’amour, de douleur et de piété. Qui ne serait pas ému en entendant, par sa voix, les gémissements de la mère de Jésus voyant son fils mourir sur la croix ? Le Salve Regina et les airs du motet Longe mala, umbrae, terrores sont tout aussi sublimes que l’Alléluia d’une grande pureté. Je ne me lasserai pas d’entendre le motet Clarae stellae, scintillate, qui est pour moi une redécouverte, et la jubilatoire légèreté de son troisième mouvement ainsi que le dialogue ourlé de velours avec le hautbois dans le Domine Deus du Gloria. Il fut de bon ton de brocarder le fameux prêtre roux à cause de la diffusion de ses Quatre Saisons dans les ascenseurs. Il sera de bon ton de brocarder la pochette du disque pour cause de maniérisme sinon de tromperie puisque nous sommes bien éloignés, ici, de la Pietà vénitienne. Qu’importe puisqu’il sera toujours possible de réécouter Philippe Jaroussky et Vivaldi autant de fois qu’on le souhaitera.

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